L’argent fait-il le bonheur?
15 décembre 2010 2 Commentaires
Au détour d’un article sur le lien entre religion et sentiment de satisfaction, un blogueur évoquait le lien entre bonheur et revenus. En s’appuyant sur un article de PNAS, il expliquait sur son très bon blog Sciences Étonnantes que si l’argent contribuait à augmenter le bonheur mémoriel (celui qui correspond à la question “avez-vous eu une vie heureuse?”), passé un certain seuil (environ 75000 $/an), il n’influait plus sur le bonheur instantané (celui qui correspond à la question “êtes vous heureux?”). Tout cela est très bien expliqué dans l’article “l’argent ne fait pas le bonheur, mais lequel?“. On remarquera que les poncifs, eux, semblent faire le bonheur des rédacteurs en quête d’un titre.
Toutefois, si cette relation entre bonheur et revenu semble vraie si l’on prend un instantané d’une société donnée, comme les États-Unis des années 2000 dans l’exemple précédent, il faut aussi évoquer le paradoxe d’Easterlin. Ce paradoxe, énoncé par Easterlin pour la première fois en 1974, peut se résumer ainsi : on constate que lorsque le niveau de richesse d’un pays (principalement son P.I.B.) augmente, le niveau de bien-être ressenti par les individus n’augmente pas forcément.
Jusqu’ici, les études qui montraient ce paradoxe étaient limitées aux pays industrialisés. Mais vient de paraître dans PNAS une étude plus globale, portant notamment sur les pays d’Asie qui connaissent ou ont connu une forte croissance, et sur les pays de l’Est qui ont opéré la transition communisme/capitalisme, et sur une période de plus de vingt-cinq ans. On retrouve alors une confirmation du paradoxe, particulièrement visible sur certains pays : bien que le revenu par habitant ait plus que doublé en vingt ans en Chine ou au Chili, la satisfaction moyenne des habitants a légèrement baissé (baisse qui n’est pas statistiquement significative). Il en va de même pour les Sud-Coréens.
Une explication de ce paradoxe peut être avancée : ce qui compte, ce n’est pas au final la quantité absolue d’argent que l’on amasse, mais le statut social et la place dans la société que cet argent confère qui est important (ce qui serait cohérent avec l’augmentation de la satisfaction avec le niveau d’études). On peut également en tirer une conséquence politique : si l’on veut viser le bien-être du plus grand nombre, il vaut peut-être mieux ne pas se focaliser uniquement sur la croissance économique comme une fin en soi, mais comme un moyen pour améliorer l’éducation et la santé générale des habitants, qui semblent plus importants en ce qui concerne le bonheur.
Appartenir à une religion rend heureux. Au delà du cliché du croyant béat, cette affirmation a été explorée par plusieurs études (


