Chiens et chats, cerveau et sociabilité
30 novembre 2010 3 Commentaires
L’évolution se faisant sur un temps tellement long à l’échelle de nos courtes vies, et grâce à des mécanismes tellement différents, qu’il est parfois difficile pour tout le monde, y compris pour les spécialistes, d’avoir des idées claires sans tomber dans les clichés. Et ces derniers ont parfois la vie dure. Parmi ces clichés, il y a celui de l’intelligence, ou plutôt, de la taille du cerveau. Ainsi, on a tendance à penser que tous les animaux ont subi la même transformation, à savoir une augmentation de la taille relative de leur cerveau, avec des variantes suivant les différents environnements.
Pourquoi? Simplement parce que les études se sont focalisés sur la façon dont chaque espèce a évolué de manière à déterminer l’influence de tel ou tel facteur, en supposant que tous les animaux suivaient le même schéma. Mais en allant contre cette hypothèse classique, des biologistes de l’université d’Oxford ont découvert qu’une donnée avait été largement ignorée. Dans PNAS, on apprend en effet que les différents animaux n’ont pas connu la même augmentation de la taille de leur encéphale. Cette étude se base sur l’analyse de la taille du cerveau chez les mammifères, sur plus de 500 espèces et sur une durée de 60 millions d’années. Et l’on se rend compte que certains groupes ont vu la masse de leur matière grise grandir plus rapidement que d’autres. Même certains animaux en contact avec l’homme semblent laissés pour compte, comme les chats.
Les grands gagnants de la loterie de la cervelle sont les singes, dont les capacités cérébrales ont explosé, devant les chevaux, dauphins, chameaux et chiens. Tous ces animaux ont en commun d’être très sociaux, de communiquer beaucoup et d’agir en groupe. En revanche, les animaux plus solitaires, comme les chats, les cerfs ou les rhinocéros, ont en revanche moins évolué. Les auteurs de l’article supposent que ces différences s’expliquent par cette sociabilisation : non seulement, elle introduit de la compétition entre les membres du groupe, mais elle demande aussi de plus grosses capacités pour s’adapter aux demandes de la communauté.
Finalement, l’indépendance du chat par rapport à l’homme, vue souvent comme une plus grande preuve d’intelligence, n’est pas forcément un avantage du point de vue du développement cognitif, puisqu’elle coupe le mignon félin d’opportunité de communiquer, tant que le chien, plus dépendant, mais aussi plus social, semble se tailler la part du lion sans que l’on s’en rende compte.






