Heureux comme Dieu en France.
10 décembre 2010 1 Commentaire
Appartenir à une religion rend heureux. Au delà du cliché du croyant béat, cette affirmation a été explorée par plusieurs études (ici ou là) qui ont trouvé un fond de vérité au lien entre croyance religieuse et autosatisfaction. La question en suspens, c’est l’”ingrédient secret”, la facette (ou les facettes) de la pratique religieuse qui augmente la sensation de satisfaction. On pourrait penser par exemple que la spiritualité joue un grand rôle, dans un sentiment d’harmonie avec soi-même et avec le monde réconfortant. Ou encore imaginer que la présence d’un Dieu protecteur est rassurante. Ou que le bon goût de l’hostie illumine la fin de semaine.
Pour dénicher l’élément en question, on peut se pencher sur les données d’une grande étude nommée Faith Matters, et qui détaille le comportement de 5879 personnes principalement issues des trois grandes branches chrétiennes. C’est ce qu’on fait deux chercheurs de l’université d’Harvard, qui livrent leur pensée sur les liens entre religion et satisfaction dans la revue American Sociological Review. Leur approche consiste à appréhender la pratique religieuse comme la source d’un réseau social, duquel va découler un certain réconfort.
Ainsi, on se rend compte que si 33% des gens qui vont à l’église toutes les semaines et qui ont entre trois et cinq amis proches qui partagent la même foi se disent extrêmement satisfaits de leur vie, ce pourcentage chute à 19% quand les dévots n’ont de lien avec aucun autre adepte de leur culte (ce qui les met au même niveau que ceux qui ne vont jamais à l’église). En revanche, ceux qui ont des amis dans la même communauté religieuse mais ne se rendent au culte que quelque fois par an sont 23% à afficher ce niveau de satisfaction.
Le point déterminant semble donc être le lien qui rattache les membres de la congrégation : les chercheurs expliquent en effet que c’est par ce biais que la religion peut accomplir un de ces buts, c’est à dire bâtir une communauté sur un socle moral commun (ce que les chrétiens nomment Église, les musulmans Oumma). La réalité de cette communauté n’est tangible pour un croyant que s’il noue des liens avec d’autres croyants, ce qui le conforte alors dans un sentiment d’appartenance. C’est ce sentiment d’appartenance qui donnerait satisfaction, et que l’on pourrait rapprocher d’autres communautés, par exemple sportives : à partir d’un moment, le sport ne devient plus qu’une excuse pour voir des amis.





