Une question de priorité…
19 avril 2010 1 Commentaire
Qu’on la célèbre via un tweet sur son iPad ou qu’on la voue aux Gémonies en scandant Marx, la société de consommation est de plus en plus présente, et offre une diversité de choix de jour en jour plus grande. A tel point que ces choix puissent parfois paraître étranges: sacrifieriez vous une partie de votre alimentation pour le dernier écran 3D? Une partie du confort de votre intérieur pour conduire une plus belle voiture? Une partie de l’éducation des enfants pour de plus belles vacances? Vos dernières stock-options pour des seins plus gros?
Si ces choix ne sont pas toujours évidents, ils peuvent parfois paraître surprenants. On apprend ainsi grâce à une étude de l’O.N.U portant sur la réalisation des objectifs du millénaire pour le développement qu’en Inde, les gens ont semble t il fait leur choix. Le rapport porte en effet sur l’accès à des sanitaires décents (1,1 milliards de gens, sans compter ceux des ruelles sombres le soir de la Fête de la Musique, défèquent à l’air libre de par le monde). Et les résultats pour l’Inde, deuxième pays le plus peuplé de la planète, sont alarmants: en 2008, environ 366 millions d’Indiens avaient accès à des sanitaires décents. Ce chiffre est à comparer, avec les 545 millions de téléphones portables en circulation dans le pays: même si certains peuvent en posséder plusieurs, il semble qu’en Inde, la population a plus facilement accès à un téléphone portable qu’à des toilettes.
L’étude évalue le coût complet d’une installation sanitaire à environ 300$, et estime que grâce aux gains en matière de santé publique ou de productivité, chaque dollar investi dans des latrines peut en rapporter entre 3 et 34. En effet, le manque de gogues peut favoriser la propagation de maladies via l’eau, qui ont tué environ 4,5 millions d’enfants ces 3 dernières années dans le monde. Procurer des toilettes aux plus pauvres est donc une nécessité indéniable, qui souffre néanmoins de son image peu ragoutante, car rarement citée parmi les grandes déclarations d’intentions des organisations humanitaires. Et puis surtout, sans toilettes, où trouver un endroit pour téléphoner tranquillement?




