De la supériorité du va-nu-pieds.

Depuis les Reebok Pumps jusqu’aux dernières Nike à ressort, les vendeurs de chaussures de sport misent, en plus du soutien désintéressé et purement caritatif de grands noms, sur des innovations sensées apporter plus de bien être à celui qui les porte: coussin d’air, gel…

Mais l’équipe du Pr. Liebermann, de l’Université de Harvard, vient de jeter un pavé dans la mare: d’après une étude récemment publiée dans la revue Nature d’aujourd’hui, il est meilleur pour notre organisme de courir pieds nus. La principale différence vient de la façon de courir: si 75 à 80% des coureurs de fond posent d’abord le talon quand ils courent, les coureurs ayant grandi sans chaussures, ou ayant passé à la course pieds nus posent d’abord la pointe des pieds.

La force exercée sur le sol pour différents types de course: en a), la course pieds nus avec impact du talon, en b), la course chaussée avec impact du talon, en c), la course pieds nus avec impact de la pointe

En mesurant la force exercée sur le sol par différents groupes de coureurs (américains et kenyans), le chercheur a découvert une différence: une course avec impact du talon montre un état transitoire entre le contact du talon et celui du pied entier (sur l’image du dessus, cela se traduit par une chute brutale de la force exercée, puis une remontée rapide), état qui peut cependant être un peu atténué par les chaussures. C’est au cours de cette transition que l’organisme encaisse le plus de dommages. De plus, l’étude montre que pour ce type de course, la cheville ne joue finalement qu’un tout petit rôle.

Au contraire, pour la course adoptée naturellement par ceux qui courent sans chaussure, la force exercée ne montre pas de transition brutale, et la souplesse de la cheville et du genou permettent aussi de diminuer les dommages de l’impact de façon bien plus efficace.

Au final, la course pieds nus permet de réduire considérablement l’intensité des chocs subis par le coureur. Quand on sait qu’un coureur moyen en subit environ 600 par kilomètre, on se rend compte que l’enjeu n’est pas négligeable. Et cela se tient d’un point de vue évolutionniste: les chaussures de sport ne sont apparues que vers les années 70s, le corps de l’homme s’est donc adapté, via la sélection naturelle, à la course pieds nus.

La solution n’est pas forcément de pousser M. Adidas sur la place de Grève, et de bruler bien vite nos chaussures: l’atout indéniable de celles-ci étant d’apporter une protection au pied lors de la course, contre tout ce qui peut traîner sur la route (cailloux, épines, vieilles seringues). L’idéal, outre avoir des pieds reposant sur un centimètre de corne, serait donc d’arriver à des chaussures moins rigides, plus proches de la chaussette.

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