Un peu d’herbe, ça ne fait pas de mal.

Phytothérapie, naturopathie et autres, nombreuses sont les « médecines alternatives » à se baser sur l’emploi de plantes pour soigner des maladies ou favoriser le « bien-être ». Et cette pratique, qui était pendant longtemps l’échappatoire aux sangsues et autres saignées, n’est pas dénuée de fondements: une bonne partie des molécules actives présents dans les médicaments modernes provient effectivement de plantes. A la différence que ces molécules sont isolées, concentrées, là où à l’état naturelle elles s’accompagnent d’autres substances plus ou moins dangereuses. Car rappelons que « naturel » ne veut pas dire sans risque ( il suffit d’une quarantaine d’amandes amères pour s’empoissonner au cyanure).

Au final, c'est moins cruel que la corne de rhinocéros.

Le problème, donc, est que lorsque l’on prend des extraits de plantes pour se soigner, ce qui se fait de plus en plus, on avale une quantité de produits différents dont on ne connait pas encore très bien l’effet. Et cela peut avoir de graves conséquences, comme le montre un article du Pr. Arshad Jahangir publiée dans le Journal of the American College of Cardiology. Se basant sur des statistiques montrant que les américains rendent plus souvent visite à leur praticien de médecine « alternative » ou « complémentaire » qu’à leur médecin traitant, il s’est lancé dans l’étude des conséquences de la prise d’extraits de plantes sur les patients atteints du cœur.

Le problème est double. D’abord, ces plantes peuvent avoir des effets directs sur l’organisme, qui peuvent se révéler dangereux pour des patients affaiblis. En plus, ces plantes peuvent interagir entre elles, et interagir avec les médicaments pris par les patients pour soigner leur cœur. Les extraits de Ginkgo Biloba, sensé aiguiser l’esprit et améliorer la circulation, peut augmenter le risque d’hémorragie chez les patients prenant du Coumaphène. L’ail, lui, pris en général pour renforcer les défenses immunitaires, abaisser la tension artérielle ou le cholestérol, présente les mêmes risques avec ce médicament.

Et le problème, c’est que l’aspect inoffensif, renforcé par les vendeurs (un exemple sur ce site, le premier sortant sur Google avec la recherche « médecine par les plantes », ne donne aucune contre-indication), est un véritable problème. D’une part chez les patients, qui, ne se rendant pas forcément compte du risque (qui existe, mais il convient de ne pas être alarmiste tout de même), ne parlent pas forcément des différents « remèdes alternatifs » qu’ils peuvent prendre. D’autre part, les médecins eux, ne considérant pas forcément ces compléments comme des médicaments à part entière, négligent les possibles interactions.

La solution serait donc une meilleure éducation du public et des professionnels  sur les dangers de ces compléments: prendre des extraits de plantes n’a rien d’anodin pour notre organisme. De plus, des études plus systématiques des propriétés des plantes consommées paraît nécessaire.

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