Il y a quelque chose de pourri au royaume du Danemark.

Si nos amis royalistes ne sont plus aussi virulents que du temps béni où un journal national pouvait se targuer d’être « le plus anti juif de France », s’ils sont relégués au rang des bizarreries idéologiques dans la plupart des démocraties actuelles (par royalistes, j’entends « absolutistes »), rien n’empêche de se pencher sur leurs croyances, surtout quand certains y voient l’expression d’un ordre naturel.

C’est donc du côté de la nature que des chercheurs de l’Université de Copenhague se sont tournés. Il y existe plusieurs formes d’organisations sociales que l’on qualifie de monarchie (chez les abeilles par exemple), comme dans le cas étudié, celui des fourmis. Leurs conclusions sont publiées dans les Proceedings of the Royal Society.

Une fourmilière est organisée de façon hiérarchique: pour faire simple, au sommet de la pyramide se trouve la reine, qui est la seule à être fécondée par les mâles. Les autres femelles deviennent des ouvrières, et peuvent avoir des rôles différents suivant leurs morphologies. Il peut arriver que plusieurs reines cohabitent au sein de la même fourmilière: quand celle-ci vient d’être fondée, cela permet d’avoir plus d’ouvrières, donc plus de main d’oeuvre, ce qui maximise les chances de survie. En revanche, au bout d’un certain temps, les ouvrières  qui viennent de naître s’attaquent aux reines, jusqu’à ce qu’il n’en reste qu’une seule.

Les reines savent apparemment ce qui les attend, et, contrairement à ce que peuvent penser certains idéalistes, semblent agir non pas dans l’intérêt commun, mais pour sauver leur chitine. Quand elles cohabitent, les reines produisent donc moins d’ouvrières. Elles en produisent même de moins en moins au fur et à mesure que la fourmilière grandit, et que les chances de voir la guerre civile se déclencher augmentent. Elles économisent ainsi au mieux leur énergie pour la bataille finale.

Mais elles doivent faire avec le sentiment populaire, comme lors de toutes  révolutions. Les fourmis communiquent entre elles par des moyens chimiques, et c’est grâce aux odeurs que la reine se signale comme telle. Et plus elle est fertile, plus elle pond donc, plus elle émet une odeur forte, qui contraindra les ouvrières à les reconnaître comme leur souveraine. Il y a donc un subtile mélange: savoir préserver sa personne des affres du pouvoir, tout en donnant le sentiment qu’on en fait le maximum. Le rapprochement avec l’être humain, si hasardeux soit il, est tentant.

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