Dans le cerveau des psychopathes.

Les serial killers, généralement appelés tueurs psychopathes, sont devenus les monstres des temps modernes, conférant à l’horreur un visage humain: exit les Frankenstein, Dracula, Lolo Ferrari et autres monstres difformes, voici venu le temps (des rires sadiques et des chants de Maldoror) des Hannibal Lecter, Francis Heaulme ou de Guy Georges. Et en se rapprochant de l’humanité, on se rapproche de ce que la science peut véritablement étudier.

Et réciproquement...

Ainsi, Hollywood, entre autres, nous dépeint le serial killer comme un être extrêmement intelligent, froid et calculateur. Ce sont dans l’imaginire populaire des prédateurs, qui prennent ce qu’ils désirent sans se soucier des conséquences. La science s’était jusque là intéressée à ce qui pouvait leur manquer, comme la peur ou l’empathie (par exemple par des problèmes dans l’uncinate fasciculus, qui sert de lien entre amygdale et cortex orbito-frontal, dans cette étude). Mais dans une nouvelle étude parue dans Nature Neuroscience, un groupe de chercheurs de l’Université Vanderbilt à Nashville, aux USA, a découvert que les psychopathes avaient peut être quelque chose en moins, mais aussi quelque chose en plus.

Les chercheurs se sont focalisés sur les liens entre la réactivité du système de récompense de leur cerveau, alimenté par la dopamine, et le comportement psychopathe. Les volontaires pour l’étude doivent tout d’abord remplir un questionnaire psychologique, qui permettra de juger de leur éventuelle psychopathie. Deux tests physiologiques sont ensuite effectués.

Le premier de ces tests consiste à utiliser un tomographe à émission de positrons pour observer l’émission de dopamine dans le cerveau des sujets, à qui l’on a donné pour l’occasion du speed (des amphétamines). Et comme ils l’avaient supposé, les chercheurs ont pu observer que le cerveau des psychopathes, stimulés par la drogue, émettait quatre fois plus de dopamine qu’un cerveau moyen.

Dans le second test, les sujets doivent exécuter une tâche simple en échange d’une récompense, sous forme d’argent, tandis que les chercheurs scrutent leur cerveau au moyen d’un appareil d’IRM fonctionnel. Là encore, les taux de dopamine présents dans le noyau accumbens sont bien supérieurs à ceux des cerveaux normaux.

La conclusions de ces deux expériences est que le système de récompense chez un psychopathe est beaucoup plus réactif. Une interprétation  du comportement pourrait alors être qu’une fois l’objectif fixé, ce système devient tellement actif qu’il surpasse les garde-fous neurologiques de notre cerveau, comme l’empathie ou la peur: seule la récompense devient importante.

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