L’attaque des plantes mort-vivantes.

La survie en conditions hostiles évoque en général, au choix, Denis Brogniart ou certaines bactéries dites extrêmophiles, suivant le niveau d’intérêt pour les micro-organismes. On associe rarement les plantes à ce concept, et de nombreux jardiniers de salon incapables de maintenir en vie un cactus plus de trois jours comprennent pourquoi. Mais c’est parce que souvent, on ignore le monde du Polypode polypodioïde (Pleopeltis polypodioides sur son carnet de baptême), surnommée par nos amis anglo-saxons la « fougère réssuscitante ».

Où arrêtera t on les biotechnologies?

Et cette fougère a en effet une capacité très étonnante: elle est capable de survivre malgré un manque d’eau conséquent. Elle peut survivre à la perte de 95% de l’eau qu’elle contient (un humain peut très difficilement dépasser 20%, si c’est même possible), et reprendre sa vie une fois réhydratée. Ce sont les causes de cette propriété exceptionnelle qu’expose une équipe italo-américaine dans l’American Journal of Botany.

En combinant trois techniques, le western blot, l’immunolocalisation et la microscopie à force atomique, les chercheurs ont découvert qu’une classe de protéines, les déhydrines, qui sont capables grâce à leur charge électrique de capturer et garder l’eau, sont non seulement en grand nombres pendant les périodes de sécheresse, mais quelles se trouvent proches des parois cellulaires. Se trouvant donc entre la paroi cellulaire et la membrane, ces protéines et l’eau qui les entoure agissent comme une sorte de lubrifiant, empêchant des frictions trop importantes avec les changement de volume (elles agissent de même entre les parois cellulaires de différentes cellules). Ce rôle de lubrification permet aux cellules de ne pas subir de dégâts irréparables pendant les périodes de sécheresse.

On peut imaginer, une fois le (ou les) gène(s) codant la production et la régulation des déhydrines isolé(s), un transfert de ces portéines  d’autres plantes par des techniques de (attention, faucheurs, détournez les yeux) transgénèse. On pourrait ainsi améliorer la résistance des plantes au stress hydrique, permettant de faire pousser certaines plantes (le maïs, par exemple) dans des conditions plus défavorables. La fougère livrera peut être une des clés pour une des grandes promesses des biotechnologies.

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