Ne dérangez pas les infirmières

Tout le monde l’a déjà vécu: quand on fait quelque chose d’important, on n’aime pas être interrompu. Et une fois interrompu, il est parfois difficile de s’y remettre. On sait même qu’une interruption résulte en général en une baisse d’efficacité, preuve que la science s’est déjà penchée sur le problème. Et si il y a un domaine où les erreurs d’inattention peuvent coûter cher (plus que des inattentions bêtes, comme oublier de demander sa carte d’identité à une prostituée pour vérifier son âge), c’est bien le domaine médical: dans certaines circonstances, on peut observer une erreur d’administration de médicaments par patient et par jour. Toutefois, l’étendue du problème reste obscur, tant qu’une étude systématique des erreurs hospitalières n’est pas mise en route.

Votre ami chirurgien a t il vraiment besoin que vous lui donniez la clef de votre ceinture de chasteté à ce moment précis?

Une équipe de chercheurs australiens vient de publier dans Archives of Internal Medicine une enquête sur le rôle néfaste que peuvent jouer les interruptions des infirmières dans leurs tâches. Pour cela, ils ont observé 98 infirmières dans deux hôpitaux australiens, administrant 4,271 médicaments à 720 patients pendant plus de 505 heures. Les interruptions ont été notées, et les erreurs classées en deux types: les erreurs dans la procédure (pas de lecture des étiquettes, erreur dans l’identification d’un patient ou non lecture de l’historique) et les erreurs médicales (mauvais médicament, mauvais dosage, mauvaise formulation). Au moins une des premières arrive dans 74.4% des cas, et au moins une erreur médicale dans 25%, la plupart du temps sans conséquences majeures (mort ou procès), quand 53.1% des procédures subissent au moins une interruption.

Une fois les données analysées, on peut alors se rendre compte de la nocivité des interruptions: chacune d’entre elle est associée à une augmentation du risque d’une erreur de procédure de 12.1% et d’erreur médicale de 12.7%. De plus, le risque d’une erreur grave passe de 2.3% sans interruption à 4.7% après quatre interruptions.

Cette étude montre donc la nécessité de repenser la communication à l’hôpital, pour éviter toutes ces interruptions intempestives. Par exemple, le port d’une blouse marquée « ne pas interrompre » lorsqu’une procédure est en cours peut être un plus, ou un recours à une communication plus écrite, à l’aide de tableaux pour les informations importantes, plutôt qu’orale, est aussi une voie à suivre. Et pour les patients, être un peu moins bavards?

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :