Le baiser de Chagas

Si vous êtes en train de manger, vous aurez peut être envie de finir votre saucisse-purée avant de continuer. En effet, la suite va concerner la maladie de Chagas (qui, comme son nom ne l’indique pas, n’est pas une MST). Cette maladie est particulièrement présente en Amérique du Sud, parmi les populations pauvres qui vivent dans des maisons faits de boue et de palmiers (en voilà qui feraient de bons candidats pour Koh-Lanta). Cette maladie commence par des symptômes relativement peu visibles (gonflement des muqueuses), mais peut s’avérer mortelle si elle n’est pas traitée, et si elle se développe au point de devenir chronique, est incurable. Cette maladie est due à un parasite, Trypanosoma Cruzi, véhiculée par des punaises hématophages. Ces punaises donc, à l’instar de certaines chauves-souris, sangsues, lamproies, moustiques ou pinsons (bref, que des bestioles qu’on ne tient pas en laisse pour les promener au parc), se nourrissent de sang. Particulièrement, on les appelle des « insectes baiseurs » (traduction libre et personnelle de « kissing bugs »), car ils aiment particulièrement se nourrir sur les lèvres des humains. Et bien sur, vivant dans les pays pauvres, la punaise n’a décidément aucune éducation (il n’y a qu’à voir la façon dont elle se reproduit): elle défèque sur place, dans la plaie, l’infectant avec le parasite qu’elle transporte. J’avais prévenu.

Même les bad guys sont mieux élevés que la punaise

Le problème, c’est que dans ces contrées fort pauvres, les habitants ne peuvent pas médiatise leur cause, et la maladie de Chagas reste fort peu étudiée. Les moyens de prévention restent classiques, à base d’insecticides. Or un thésard de l’université de Toronto vient peut être de trouver une alternative. Jean-Paul Paluzzi a en effet découvert deux gènes responsables de la sécrétion d’un peptide, qui a un effet anti-diurétique sur la punaise. En effet, la punaise se nourrit des globules rouges présents dans le sang, et doit donc se débarrasser de l’excès de liquide qu’elle absorbe. Pour cela, elle libère des hormones diurétiques, qui provoquent l’évacuation si nocives, jusqu’à ce que le fameux peptide entre en action.

Fort de cette découverte, on peut désormais créer un peptide « agoniste« , c’est à dire  qui produira globalement les mêmes effets que celui découvert. En théorie, on pourrait en faire un spray, comme un insecticide classique, qui constiperait la punaise, l’empêchant de répandre son parasite. Car les tentatives de lui apprendre à aller sur le pot restent vaines.

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One Response to Le baiser de Chagas

  1. Ping: Ironie du sort. « Quelques bouts de science, de paranormal et autres croyances

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