Le cafard suit son routard.

Cafard vu au microscope électronique par Microangela

Symbole presque universel de saleté, le cafard est un animal que nous côtoyons sans doute quotidiennement, sans réussir jamais à nous en débarrasser complètement. Et pour mieux combattre l’ennemi des foyers, pour mieux éviter les cris stridents de surprise ou les moues dégoutées, il faut connaitre l’insecte, l’étudier avant de l’éradiquer. En l’occurrence, c’est sur sa façon de se nourrir qu’on en sait désormais un peu plus.

En effet, grâce à trois chercheurs résidant à la Queen Mary University, à l’université de Rennes-I et à l’université libre de Bruxelles, nous savons maintenant que le cafard est non seulement un animal social, mais qu’il écoute les recommandations de ses congénères, en ce qui concerne la nourriture. En tout cas, c’est ce que fait la blatte germanique. Dans un article sur le comportement alimentaire de ces charmantes petites betes, les entomologistes relatent l’expérience qui a permis de repousser les limites de notre savoir aussi surement que l’équipe de « C’est du propre » repousse la vermine.

Pour tout savoir des préférences de nos gourmets en chitine, deux piles de nourriture identiques ont été disposées à bonne distance, et les insectes lâchés. Pour des animaux individualistes, on pourrait s’attendre à ce que chacun choisisse une des piles, au hasard, ce qui donnerait un nombre d’insecte équivalent aux deux endroits. Mais le cafard est un animal social : l’immense majorité des « cobayes » se retrouve au même endroit. En regardant attentivement le festin, les hôtes ont pu de plus découvrir que chez la blatte, plus on est de fous, plus on rit : elles restent d’autant plus longtemps à se nourrir que le nombre d’insectes qui mange en même temps est grand. Les cafards communiquent via une substance chimique, une phéromone relâchée pour influer ses camarades.

Une telle étude a deux applications principales. Tout d’abord, elle est le premier pas vers l’identification de la phéromone en question : une  fois celle-ci synthétisée, nous pourrons faire croire aux blattes de façon bien plus convaincantes pour elle qu’une source de nourriture est présente, ce qui améliore grandement l’efficacité de pièges insecticides. Mais on peut envisager cette découverte de façon moins belliqueuse, en y voyant un modèle simple d’interaction sociale, qui, mieux compris, peut constituer une étape dans la compréhension de sociétés plus complexes : l’homme est un cafard pour l’homme.

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