Le café, une dépendance en forme d’illusion?

« Moi, je ne suis bon à rien tant que je n’ai pas bu mon café ». Rituel à la fois personnel et social (les fameuses discussions autour de la machine a café), la consommation de café est souvent associée aux vertus stimulantes de la caféine, Censée booster le cerveau et permettre de sortir la tête de là où le sommeil l’avait laissée. Censée? Il n’est en effet pas impossible que l’effet du café matinal ne soit sur le long terme plus que le fruit d’une dépendance sans apporter de réel bénéfice.

En effet, un groupe de chercheurs travaillant en Allemagne et en Angleterre vient de publier dans la revue Neuropsychopharmacology (c’est plus long et moins accrocheur que Guts, je trouve) un article sur les effets du café, et sur l’influence de l’habitude d’en boire. Pour cela, une expérience a été mise au point : après avoir évalué les sujets (218 femmes et 198 hommes) sur leurs consommations habituelles de caféine, on les classe en deux groupes, selon qu’ils ingèrent plus ou moins de 40 mg de caféine par jour. Pour le test, on choisira un nombre égal de participants dans chacun des groupes, au hasard.

Le test consiste pour chaque sujet dans un premier temps a évaluer son niveau d’anxiété, de vigilance et de mal de tête avant et après la prise soit de caféine, soit d’un placebo. De plus, une série de tests informatiques permettent de connaitre leur mémoire, leur attention et leur vigilance. Et les résultats montrent clairement l’effet d’une tolérance chez les amateurs du petit noir : parmi ceux-ci, les malheureux receveurs d’un placebo ont vu leur vigilance diminuer et leurs maux de tête augmenter, ce qui n’est pas documenté chez ceux qui ont reçu la caféine. En revanche, ces derniers ne montrent pas de différence avec les sujets qui, ne consommant habituellement pas de café, ont reçu un placebo. Cela montre que, si l’on ressent un gain en attention et en vigilance après l’absorption de caféine, lorsque l’on y développe une tolérance, ce gain ne sert qu’à nous ramener a un niveau de base, celui de quelqu’un qui n’en consomme jamais. En revanche, l’effet d’anxiété associe à la prise de caféine semble lui aussi atténué par la tolérance.

Au final, cette tolérance à la caféine ne procure à l’habitué du café aucun avantage, bien que l’on en ressente un. L’étude ne dit pas, en revanche, en combien de temps s’arrête cette dépendance.

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