Où l’on reparle d’amiante.

Les ravages de l'amiante : Jussieu, un lieu symbolique

Contrairement aux idées reçues, on n’a pas découvert les problèmes de santé dus à l’amiante dans les années 70-80. Des 1898, l’inspectrice du travail Lucy Deane alertait les autorités sanitaires britanniques, tandis qu’en France, il fallait attendre 1906 et un autre inspecteur du travail, un certain Denis Auribault, pour mettre en garde contre l’importante mortalité observée dans les usines de tissage d’amiante. Finalement, après de nombreuses crises sanitaires et médiatiques, l’amiante sera interdite en France en 1997 (la loi étant votée pour le réveillon 1996). Mais si les effets étaient connus, les détails du mécanisme d’action de l’amiante sur l’organisme restent inconnus.

Grâce aux recherches pilotées depuis le centre de recherche sur le cancer de l’université d’Hawaï, on en sait désormais un peu plus. Dans leur article publié dans les Proceedings of the National Academy of Science, les chercheurs donnent un peu plus de détails sur ce qui apparaissait comme un paradoxe. En effet, on sait que l‘amiante tue les cellules mésotheliales, mais provoque le cancer (qui nécessite des cellule vivantes). Une partie du voile s’est levée lorsque les scientifiques ont étudié la façon précise dont les cellules étaient détruites.

Celles-ci entrent en fait au contact des fibres d’amiante dans un processus de mort programmée, processus qui relâche hors de la cellule des protéines de type HMGB1. Ces protéines sont à leur tour responsables d’une réaction inflammatoire, dont la conséquence est la production de mutagènes, qui finalement vont favoriser le développement d’un cancer. C’est en remarquant que le sérum des travailleurs exposés à l’amiante montrait un taux de HMGB1 élevé que les chercheurs ont pu établir le lien.

Cette découverte amène deux bonnes nouvelles. Tout d’abord, d’après les scientifiques en question, un simple test des protéines HMGB1 pourrait suffire à identifier les malades ayant connu une surexposition à l’amiante. De plus, en agissant sur la réaction inflammatoire causée par les fibres d’amiante, ils espèrent pouvoir réduire le risque de cancer. Pour vérifier cela, un test clinique devrait commencer bientôt en Cappadoce, une région de la Turquie où 50% de la population meurt de la forme maligne de mésothéliome.

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