S’inspirer des homéopathes.

Le débat fait de plus en plus rage entre partisans de la médecine « allopathique » (appelée evidence-based par les anglos-saxons, en cela qu’elle se base sur les résultats d’études et d’expériences suivant la démarche scientifique) et les partisans des « médecines alternatives » (dont l’approche se veut plus philosophique). Parmi ces dernières, l’homéopathie est une forme particulièrement populaire en France : celle-ci est basée sur le principe des dilutions extrêmes, supposant un produit très dilué, généralement au point que l’on ne puisse trouver dans le remède une seule molécule active. D’un point de vue scientifique (ou, comme le diraient les détracteurs, du point de vue de la « science officielle »), malgré quelques tentatives dans le sillage du Dr Benveniste et sa « mémoire de l’eau », le Lancet a publié une analyse assez complète montrant que les remèdes homéopathiques ne sont pas plus efficaces qu’un placebo.

Toutefois, il semblerait que la médecine conventionnelle ait quelques leçons à tirer de ses détracteurs. En effet, si de nombreuses personnes se tournent vers l’homéopathie, c’est parce qu’ils ont l’impression d’être mieux pris en compte que chez un médecin classique. L’impression générale qui se dégage, c’est que l’homéopathe soigne le patient la où le médecin soigne la maladie. Et une nouvelle étude cette fois parue dans Rheumathology nous montre les bienfaits de l’approche alternative.

Cette étude porte sur des patients atteints de polyarthrite rhumatoïde. Ces patients ont donc été soignés, en plus d’un traitement conventionnel, au cours de « consultations homéopathiques » (consultations telles que pratiquées par les homéopathes) ou au cours de consultations plus classiques, à l’issue desquelles on leur prescrit soit un traitement homéopathique complexe, soit un traitement standard, soit un placebo. L’étude montre que si le type de médication reçue ne change pas grand chose, comme déjà indiqué par l’étude du Lancet, le type de consultation, lui, importe : les consultations homéopathiques sont bénéfiques au patient.

Sans remettre en cause les fondements de la médecine moderne, basée sur des faits avérés, on devrait effectivement s’inspirer des pratiques alternatives dans ce qu’elles ont de positif, à savoir une plus grande prise en compte du patient, ce qui leur donne une dimension plus humaine.

2 Responses to S’inspirer des homéopathes.

  1. Yogi dit :

    Je ne vois pas en quoi prendre en compte le fait avéré qu’un meilleur contact humain est un facteur important d’efficacité du soin, remettrait en cause les fondements de la médecine moderne.

    Au contraire ; voilà des faits, des mesures, des résultats : expérimentons, et traduisons les en protocoles médicaux de meilleure qualité.

    Il est possible que cela remette en cause les fondements de l’industrie pharmaceutique, mais ce n’est pas du tout la même chose.

    • G. Berteloot dit :

      C’est bien pour cela que j’écris « Sans remettre en cause les fondements de la médecine moderne ». Il s’agit juste d’intégrer la démarche plus humaine des approches traditionnelles au sein d’une médecine qui doit rester pour moi avant tout « evidence-based ». L’industrie pharmaceutique se charge elle de fournir des outils aux praticiens, je ne pense pas qu’elle soit concernée par un tel changement (ce qui ne l’exempt pas de tous reproches, entendons-nous).

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