Vous avez froid ? Maudissez le réchauffement climatique.

Entre les débats à l’Académie des Sciences et les différentes controverses autour du GIEC et des autres organismes officiels, et notamment l’affaire des e-mails du Climate Research Unit rendus publics, la communication scientifique autour du réchauffement climatique est de plus en plus brouillée par les climato-sceptiques. Si les polémiques entre scientifiques peuvent être saines, les conséquences politiques sont grandes (les dissensions devenant prétexte à ne rien faire). Du point de vue du grand public, les observations quotidiennes sèment encore plus le doute : les années précédentes ont été marquées par des hivers très rudes, notamment l’hiver dernier ou l’hiver 2005-2006. Il fait plus froid qu’avant, et l’on veut nous vendre un réchauffement global ?

Et pourtant, bien que cela paraisse aussi illogique que l’arrêt de la Star Academy, des hivers particulièrement froids ne sont pas incompatibles avec un réchauffement global. Déjà parce que lorsque l’on parle de réchauffement, on pense à un réchauffement moyen, ce qui n’exclut pas que les anomalies climatiques (ici, des hivers très froids) puissent être de plus en plus fréquentes. Mais surtout parce que l’on peut proposer des explications qui rentrent très bien dans le cadre d’un réchauffement global. Par exemple, certains plaident pour une réduction temporaire de l’activité solaire, ou l’influence du gulf stream ou des oscillations Nord-Atlantique, mais les corrélations établies entre ces évènements et les hivers les plus froids restent faibles. En revanche, deux Vladimir, Vladimir Petoukhov et Vladimir Semenov, proposent une autre explication qui apparaît plus crédible.

Dans le Journal of Geophysical Research, ils publient un article sur l’influence des glaces en mer de Barents sur le climat européen. En effet, l’un des effets du réchauffement climatique est de diminuer la glaciation de la mer de Barents et de la mer de Kara. Et l’effet de la couverture de ces mers arctiques par la glace est drastique à la fois sur la température de l’air et sur les vents polaires. Ainsi, les scientifiques ont observé l’effet des variations de cette couverture sur les résultats de la simulation numérique du climat européen. On se rend alors compte qu’à mesure que l’on diminue la surface gelée de la mer, les hivers se radoucissent, puis se rafraichissent, et se radoucissent à nouveau, probablement en raison de transitions abruptes dans la circulation de l’air polaire.

Ce genre d’études montre à quel point le climat de notre planète est globalisé, puisque des perturbations aux pôles peuvent entraîner des conséquences bien plus larges géographiquement. Mais on s’aperçoit aussi à quel point le climat terrestre est un équilibre délicat, dont les aléas peuvent paraître illogiques à première vue.

8 Responses to Vous avez froid ? Maudissez le réchauffement climatique.

  1. Mondorien dit :

    La majorité des climato-sceptiques ne nie nullement la réalité d’une « vérifiable » modification climatique. Ce qui est contesté avec humeur, c’est le fait que l’actuelle évolution du climat global puisse être l’œuvre de la seule humanité. Les mises en garde hâtives résonnent pour eux comme une sorte de « repentez-vous, la fin approche ! » (vous savez, « Tintin et L’Etoile Mystérieuse », le savant fou au gong un peu… louche). Ils pensent – comme je le fais à mes heures d’agacement – que les fluctuations d’apparence capricieuse du macro-climat peuvent avoir des causes qui nous dépassent incommensurablement…

    • Pierret dit :

      Mais monsieur, il suffit de comprendre ce qui est vu dans les carottages. Oui, le climat s’est réchauffé plusieurs fois et refroidit sur des millions d’années. Oui, il se réchauffe actuellement et naturellement. Mais jamais! il ne s’est réchauffé aussi vite. Ce qui s’est fait en général sur plus de mille ans, se fait et se fera en 2 siècles. Alors s’il vous plaît. Renseignez-vous et ne vous laissez pas endormir. Oui, nous sommes responsable de ce réchauffement-ci, en tout cas de son accélération, et de manière inédite dans toute l’histoire de la terre. Les records de chaleur battu d’année en année sur les différentes parties du globe nous le rappelle. Pour ma part, je contrôle les taux de Co2 dans l’atmosphère depuis bientôt 20 ans. Il augmente indéniablement et de façon fulgurante. Nous savons tous ce que cela veut dire, mais nous n’en connaissons pas les conséquences exactes.
      Mais la politique de l’autruche n’a jamais sauvé personne.

      • Mondorien dit :

        @Pierret
        Vous dites que le réchauffement n’a jamais été aussi rapide, vous en voulez pour preuve les études de dendrochronologie et des carottes de glace… Je ne suis certes pas un scientifique du domaine climatique ; cependant, rien qu’à lire ce qui suit (dans Wikipedia), je ne peux qu’être dubitatif :
        « …Les climatologues distinguent :
        1. le Dryas ancien correspondant au début du Tardiglaciaire (fin du dernier Glaciaire)
        2. Le Dryas moyen
        3. Le Dryas récent, qui désigne une période d’environ 1000 ans, caractérisée par une brutal refroidissement (chute de 7 °C de la température moyenne).
        Le Dryas récent marque la toute fin du dernier Glaciaire.
        Il est suivi de l’interglaciaire holocène qui débute par un réchauffement brutal (une dizaine d’année selon certaines sources). Lors du Dryas récent, le pollen de Dryas octopetala est à nouveau retrouvé abondant dans les tourbes circumpolaires de l’hémisphère nord. Une hypothèse est que ce refroidissement ait été induit par la rupture d’un immense lac d’eau froide dont le déversement dans l’atlantique nord aurait bloqué la circulation thermohalyne »
        « Une dizaine d’années… » Ce n’est pas la première fois que je lis que la fin du Dryas a été extêmement rapide. Mais bon, la religion du GIEC étant ce que nous savons, je m’incline, tout en marmonant par devers moi « En matière de science, le scepticisme est un devoir » !

  2. Olivier Montulet dit :

    J’appuie le premier commentaire et d’ailleurs trouve que votre article renforce les arguments des climato-sceptiques [*]. Votre dernier paragraphe à ce titre est édifiant: « Ce genre d’études montre à quel point le climat de notre planète est globalisé, puisque des perturbations aux pôles peuvent entraîner des conséquences bien plus larges géographiquement. Mais on s’aperçoit aussi à quel point le climat terrestre est un équilibre délicat, dont les aléas peuvent paraître illogiques à première vue ». Comment dès lors dans un environnement aussi complexe et aussi instable, les climatologues peuvent-il prétendre connaitre tous les phénomènes et leurs interactions et peuvent-ils en établir des modèles au surplus prédictifs. Hors on sait que la moindre fluctuation d’une donnée à une influence algorithmiquement croissante au court du temps qui s’écoule. C’est d’autant plus interpellant que les climatologues osent prétendre que l’activité solaire, dont on ne connait que peu de chose, n’aurait somme toute qu’une influence marginale. Ce sont ces énormes erreurs épistémologiques, inadmissibles pour qui veut se prétendre scientifique, qui sont en réalité les arguments des climato-sceptiques. Ce fondement de la réflexion climato-sceptique est tellement gênant pour les philo-réchauffistes (dont les membres du GIEC) qu’ils abusent de contre-arguments disqualifiants simplistes sans jamais répondre aux arguments ontologiques plus que fondés des climato-sceptique.
    [*] Terme inapproprié comme dirait le professeur Courtillot, puisque personne n’est sceptique sur le climat. Phillo-réchauffiste est par contre adéquat puisqu’il nomme ceux qui aiment -adhèrent à- la thèse du réchauffement climatique.

  3. G. Berteloot dit :

    En fait, ma conclusion pour cet article (conclusion toute personnelle, et surement peu éclairée) doit plutôt être vu dans un problème d’échelles : l’apparition d’hiver plus froid en Europe est un phénomène localisé dans le temps et dans l’espace, à des échelles bien inférieures à celles utilisées couramment dans les modèles de réchauffement climatiques. Ce qui est complexe et instable à « petite échelle » peut s’expliquer beaucoup mieux à grande échelle.

    • Mondorien dit :

      Oui, la neige à Paris est un phénomène local.
      Ce qui m’incite à écrire, c’est qu’ici, dans le « 98800 », on est en pleine canicule. C’est de saison ? Certes, mais on en est déjà à la seconde vague caniculaire, et celle-ci est on ne peut plus corsée ; dimanche, il faisait 35° à Nouméa (alors que la température ne dépasse que très rarement les 33°) et à Mont-Dore où je vis, on en était à 37,3°, température jamais relevée jusque là semble-t-il.
      L’antipode calédonien n’est pas seul concerné : ce matin, je causais sur Skype avec mon fils (qui vit maintenant à Antony, près de Paris) ; il est l’heureux époux d’une brésilienne, et va passer les fêtes à Belo-Horizonte… Départ prévu demain. La neige l’inquiétait, à cause du risque de fermeture des aéroports. Et l’aléa climatique brésilien ne s’inquiétait pas moins, car ses beaux-parents l’ont prévenu : eux aussi, là-bas, sont en pleine et sévère canicule !
      Ça chauffe pour la planète ; il n’y a probablement pas lieu de douter du « réchauffement ». Mais une fois encore, dire que c’est la faute, la très grande faute de l’humanité, non… Entre nous, ce n’est pas la récente lecture que je viens de faire du n° de Science et Vie de décembre (« Soleil en panne ») qui fera disparaître mon scepticisme !

  4. Olivier Montulet dit :

    Le scepticisme et la controverse sont essentiels à la pensée scientifique. N’en déplaise à la presse et aux citoyens avides de réponses définitives et tranchées. Il est inadmissible de promouvoir un tel machiavélisme entre plilo-réchauffistes et climato-sceptiques.
    Pour appuyer mon exposé voici quelques citations.

    « Le doute n’est pas une condition agréable, mais la certitude est absurde » Voltaire

    « L’impression de certitude est un témoignage certain de folie et d’incertitude extrême » Montaigne

    « Ce qu’on a jamais mis en question n’a point été prouvé. Le scepticisme est donc le premier pas vers la vérité. » Denis Diderot

    « Il s’agit d’améliorer la procédure inquisitoire en la fondant dans toutes ses phases, du début à la fin, sur le principe contradictoire » Yves Repiquet, juriste, ancien bâtonnier de Paris, président de la Commission nationale consultative française des droits de l’homme, 2009.

    « La pensée scientifique n’est plus synonyme de pensée objective et désintéressée, ni d’accroissement automatique du bien-être personnel et encore moins de progrès social garanti. Le scientisme, cette croyance en l’omnipotence humaine qu’engendrerait par lui-même le déploiement illimité des savoirs disciplinaires et interdisciplinaires, est une forme de dogmatisme extrêmement préjudiciable à l’acquisition d’un authentique esprit scientifique » Robert Nadeau, Professeur et directeur du département de philosophie de l’UQAM.

    « Les prévisions vous en disent beaucoup sur ceux qui les font, elles ne vous disent rien sur l’avenir » Warren Buffett, investisseur américain

  5. Olivier MONTULET dit :

    L’erreur fondamentale de l’écologisme est de croire que l’état naturel de la nature est l’équilibre harmonieux. Cet état, ils le nomment Climax. Hors la réalité de la nature est en éternel déséquilibre où règne un infernal combat compétitif. Combat que gagne le plus adapté (souvent mais pas toujours le plus fort – ça c’est l’idéologie libéral-capitaliste qui le croit -).

    Le grand argument des réchauffistes-catastrophistes est de dire que, bien sûr la goutte de l’homme est toute petite, mais elle est celle qui fait déborder le vase. Comme si les autres goutes tombaient dans une harmonie et une constance telle que jamais le bol, sans l’homme -être lui aussi naturelle (ce qu’ils oublient)- ne déborde.

    En réalité c’est l’imaginaire de l’homme qui est catastrophique et qui alimenté par son illusion de toute puissance et le mythe du péché originel le conduit à se culpabiliser de ce qu’il craint en oubliant toute espérance.

    La nature vierge est hostile à l’homme, c’est l' »enfer vert », si l’homme n’avait pas agit sur la nature grâce à son génie jamais il n’aurait survécu tant il est physiquement inadapté à l’environnement sauvage. Pourtant il a conquis toute la planète, des abysses aux sommets, des déserts de sables aux déserts de glace.

    Craindre l’avenir c’est renoncer à vivre et à profiter des heureuses surprises.

    Vivez et arrivera ce qui arrivera; le pire mais surtout le meilleur (c’est la seule raison de vivre).

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