Ulysse contre le cancer.

Organe central de la grand majorité des gens qui n’ont jamais été majorette, le cerveau est du fait de son importance plutôt bien protégé. Abrité d’un côté par le crâne, il est de l’autre côté isolé du reste du corps par la barrière hémato-encéphalique. Cette barrière est composée de cellules endothéliales, qui forment un maillage très serré. Ce maillage est en partie régulé par les astrocytes qui permettent l’alimentation des neurones, puisqu’aucun oxygène ni aucune ressource « alimentaire » n’est directement produite dans le cerveau. Notre matière grise est donc à l’abri derrière des fortifications dont le rôle est de laisser entrer toutes les denrées nécessaires apportées par le sang, en écartant le reste.

Là où les choses se compliquent, c’est lorsqu’un problème se produit, par exemple l’apparition d’une tumeur. Des médicaments existent pour les traiter, mais toute la difficulté réside dans le fait des les acheminer à bon port, sans être refoulé à l’entrée du cerveau pour une faute de goût moléculaire. Et pour cela, il existe une technique vieille comme Homère, celle du cheval de Troie. On a pu en apprendre un peu plus sur cette technique grâce à une communication du Symposium EORTC-NCI-AACR, au sujet du liposome cheval de Troie, ou THL (pour Trojan Horse Liposome).

L’idée est donc de protéger un molécule utilisée pour le traitement de cellules cancéreuses, la mitoxantrone, à l’aide d’une couche de lipides. Cette couche sera ensuite combiné à une technologie déjà existante, Angiopep, un petit peptide que l’on a conçu pour sa capacité à passer la barrière hémato-encéphalique. Ce déguisement a deux fonctions : tout d’abord, arriver jusqu’au cerveau, et ensuite, éviter les effets secondaires. En effet, la membrane lipidique permet d’empêcher le médicament d’interagir sur d’autres organes que ceux ciblés, et a en outre l’avantage de ne nécessiter aucune transformation chimique de la substance qu’elle transporte.

Le THL a été testé avec succès sur des souris au cerveau métastasé, mais on peut également imaginer d’autres applications dans le futur. On peut en effet changer de ligand, en délaissant l’Angiopep pour une autre substance si l’on veut atteindre un autre organe, et la substance transportée, pour soigner autre chose que le cancer. Sans doute le début de l’odyssée…

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