Astrologie, un fond de vérité?

C’est une croyance ancienne que de penser que la position des étoiles, l’envol d’un troupeau d’oie ou une victoire de l’Équipe de France au moment de notre naissance est un signe fort, qui va régir notre vie et dicter notre personnalité. Ainsi, quand je remarque que je suis né le jour de la découverte de l’Amérique et que j’y travaille encore, quand je remarque que mon anniversaire coïncide avec celui de la première fête de la bière, je comprends un peu mieux la tournure qu’a prise ma vie. Et j’appréhende un peu les conséquences de ma naissance le jour anniversaire de l’acquisition de l’île d’Alcatraz par le gouvernement américain, en vue d’en faire une prison. Certains ont fait leur métier d’interpréter ces divers signes, en se focalisant généralement sur la carte du ciel pour vous dire que vous allez trouver un nouveau boulot, que vous aimez avoir raison ou que votre plat préféré est le gratin d’endives au shampoing.

Mais se pourrait il qu’il y ait véritablement une influence du moment où nous venons au monde? Tout à fait possible, à en croire un article paru dans Nature Neuroscience : d’après des travaux menés en Alabama et au Tennessee, il semblerait que notre saison de naissance ait une influence plus grande qu’on ne le soupçonne. En tous cas sur des souris, puisque c’est sur des rongeurs que les expériences ont été menées. Elles consistent à élever des bébés souris dans des conditions lumineuses semblables soit à celles hivernales (8 heures de lumière) soit à celles estivales (16 heures de lumières), et, une fois sevrées, à conserver ces conditions ou les inverser. On pourra alors étudier leur comportement (et notamment leur envie de courir dans une roue à l’obscurité) une fois matures, et plongées dans une obscurité totale (afin de n’observer que les rythmes dus à l’horloge interne sans indice extérieur), mais aussi, en faisant fluorescer certains neurones du noyau suprachiasmatique, observer l’activité de leur horloge interne.

Chez les souris « estivales », qu’on les ait soumis ou non à un changement de saison ou non, le rythme est clair et bien marqué : 10 heures d’activité, 14 heures de repos. Les souris « hivernales », elles, se montrent plus paresseuses, mais surtout sont sensibles au changement de saison : celles qui n’ont connu que des jours courts sont actives pendant 10 heures, les autres 11 heures et demie. Les mêmes différences sont visibles au niveau de l’activité neuronale de l’horloge interne : chez les souris « estivales », celle-ci démarre à l’heure du crépuscule (le dernier qu’elles aient connu) et reste actif pendant 10 heures, tandis que chez leur cousines hivernales, elle peut commencer une heure après le crépuscule ou deux heures avant, suivant qu’elles aient ou non changé de saison au cours de leur maturation.

On se rend donc compte que les souris sont marquées par les conditions lumineuses au moment de leur naissance, qui leur permet de s’adapter plus ou moins bien au changements saisonniers. Quant on sait que l’horloge interne chez l’homme régule aussi en partie l’humeur, on pourrait extrapoler les résultats en disant que les gens nés en hiver ont un caractère différent de ceux nés en été. Mais il existe beaucoup de limites dans ce passage à l’humain : par exemple, le cerveau d’un bébé humain est bien plus fonctionnel à sa naissance que celui d’un bébé souris, dont les connections ne sont pas toutes faites. De plus, l’étude ne tient pas compte du fait qu’au moment de l’expérience, Vénus était dans la maison du taureau (ils regardaient la Star Ac’ ensemble).

 

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