Une nouvelle voie pour les OGMs?

Trop souvent caricaturés – à la fois sauveurs de l’humanité et fils maudit de McDonald’s -, objet d’un débat public où la mauvaise foi se mesure à la désinformation (plus d’un côté que de l’autre, il est vrai), les OGMs continuent néanmoins d’être un sujet de choix pour la biotechnologie. Leurs utilisations peuvent aller vers des productions plus résistantes ou moins couteuses à produire (en argent comme en ressources), voire moins polluantes, vers des produits ayant de plus grandes qualités nutritives, comme le riz doré ou vers des plantes produisant de nouvelles substances, pour se protéger (c’est le cas du maïs Bt) ou pour la production de médicaments. La voie généralement adoptée est d’insérer dans le code génétique de l’organisme hôte un gène codant pour la protéine désirée.

Une nouvelle façon d’aborder les choses a récemment fait l’objet d’une publication dans Nature. L’étude est non seulement originale parce qu’elle se base sur des plantes (en l’occurrence des pervenches de Madagascar), et non des bactéries, mais aussi parce qu’il ne s’agit pas de donner à la fleur des « ordres génétiques » (lui intimer l’ordre de produire une molécule en y insérant un gène) mais de lui permettre d’exprimer sa « créativité ».

Le but des chercheurs est la production de vinblastine, une toxine naturellement secrétée par la pervenche et utilisée pour soigner différents cancers. La production, mais aussi l’altération de cette toxine, pour la rendre encore plus efficace. L’idée est alors de fournir des outils à la plante pour qu’elle modifie elle-même la molécule, donnant une grande variété de nouvelles molécules qui seront ensuite étudiées puis sélectionnées. Pour cela, les chercheurs du M.I.T. ont introduit dans le génome de la pervenche des gènes (issues de bactéries) codant pour la fabrication d’enzymes permettant d’ajouter des ions chlore ou brome sur la tryptamine, molécule de base de la vinblastine. Ces atomes restent tout au long du processus de fabrication, ce qui permet d’obtenir au bout d’une série de réactions pas encore très bien connue les nouvelles versions de la toxine.

Il reste encore à améliorer le rendement de la production, environ 15 fois inférieur à celui de la production naturelle, et à réussir à forcer la fabrication d’une nouvelle molécule plutôt que toutes les autres, mais l’approche est très prometteuse. Si elle n’est pas fauchée avant d’atteindre son terme.

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