Le jutsu du Xenicibis.

Reconstitution de Xenocibis dans les Proceedings of the Royal Society B.

Pas besoin d’avoir vu Hitchcock pour savoir que certains oiseaux peuvent se montrer très agressifs. Il suffit de côtoyer des oies ou pire, des autruches, pour s’en rendre compte. Au point même que l’on a longtemps en France (et la glorieuse tradition se perpétue ailleurs dans le monde) parié sur des combats de coqs particulièrement sanglants (et difficile à imaginer entre leurs descendants modernes, les Mc Nuggets). Les fils du Père Dodu s’affrontent alors avec leurs ergots ou leur bec. Cependant, on a découvert un oiseau dont la technique de combat apparaît bien plus ingénieuse que celle des gallinacés.

Le maître d’armes se nomme Xenicibis, et ne peut malheureusement plus se rencontrer au détour d’un bucolique chemin de campagne, puisqu’il est désormais éteint. Ce membre de la famille des Ibis présente avec un cousin Hawaïen lui aussi éteint la particularité de ne pas pouvoir voler.  Ayant vécu en Jamaïque, son anatomie est singulière : Xenicibis a une cage thoracique et des ailes bien plus longues que les oiseaux coureurs, et un métacarpe gonflé et très résistant.

Au vu de son anatomie et de sa description (tirées de fossiles), des chercheurs de Yale et du Smithsonian proposent dans les Proceedings of the royal society B une explication de cette anatomie. D’après eux, l’oiseau se servait de ces appendices comme d’un fléau (ou une étoile du matin, comme disent les poètes et les rôlistes), en utilisant on inertie pour attaquer ses congénères et marquer ainsi son territoire : on sait en effet que les ibis sont très territoriaux, et que lors de disputes le ton peut monter jusqu’à des affrontements physiques. Certaines espèces de crevettes mantes ont des techniques de combat s’approchant de celle-ci.

On peut aussi penser que ces oiseaux utilisaient leurs métacarpes inhabituels comme des moyens de défense. En effet, les oiseaux ont vécu en Jamaïque, et les prédateurs pour un tel volatile (de la taille d’un gros poulet) ne manquent pas : on peut citer par exemple le boa, mais aussi un singe lui aussi disparu et plusieurs oiseaux de proie. Bien qu’elle soit originale, sa technique a semble-t-il trouvé ses limites.

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