De nos relations avec nos lointains cousins.

Avouez qu'il fait envie.

S’accoupler entre cousins, ce n’est pas réservé aux Amish, aux nobles et au Nord-Pas-de-Calais (voire à Darwin). Cela étant dit, le résultat n’est pas toujours à la hauteur des grandes espérances, il n’y a qu’à voir les têtes qui soutiennent encore certaines couronnes européennes. Mais en y regardant bien, étendre un peu la définition de ‘cousin’ permet de voir ces relations particulières d’un oeil nouveau.

En effet, élargissons le champs des possibles : intéressons nous à nos lointains cousins, ceux que l’histoire regarde comme les gentils attardés du banquet de l’évolution. Je veux bien entendu parler de Néanderthal et Denisova. Si tous les deux partagent avec nous autres Homo Sapiens un ancêtre commun africain, les populations se sont séparées il y a environ 400 000 ans. Toutefois, les populations ont eu des contacts avant l’extinction des deux plus malchanceuses et, attrait pour l’exotisme, gout de l’inconnu et envie de découvertes, ces contacts ne se sont pas limités à un café ou quelques chansons autour du feu.

A tel point que lorsque l’on analyse le génome de Néanderthal, on peut constater que certains de nos contemporains peuvent partager jusqu’à 9% de gènes commun avec notre cousin éloigné. Le même genre de lien peut se retrouver avec Denisova. Il est donc clair que des échanges génétique (euphémisme qui pourrait servir, ‘mais voyons chérie, ce n’était rien de plus qu’un échange génétique’) ont eu lieu entre les divers groupes d’hominidés. Une fois le constat fait, il reste à en explorer les conséquences.

C’est ce que s’attache à faire un groupe de chercheurs (dont une bonne partie vient de l’université de Stanford) qui publie dans le prestigieux Science ses conclusions. Ainsi, selon les auteurs, ces frasques entre hominidés consentants ont abouti à l’introduction dans le génome d’Homo Sapiens d’une variante d’antigènes HLA, partie critique de notre système immunitaire jouant un rôle clé dans la reconnaissance des pathogènes.

Ainsi, avant même le décodage du génome de Néanderthal et Denisova, les chercheurs se doutaient qu’au moins une variante, du doux patronyme de HLA-B*73, venait de ces groupes d’humains plus anciens. Cette variante est en effet rare dans la population mondiale, mais plus fréquent dans les populations d’extrême-orient : cela indique que cette variante est sans-doute apparue tardivement dans le génome d’Homo Sapiens, après la migration vers l’Asie. Depuis la découverte de Denisova (dont on ne sait pas grand chose sorti de son génome, puisque l’on a retrouvé qu’un doigt et une dent), on a pu se rendre compte que cette variante était présente chez cette population vivant en Asie. On a donc pu établir que des relations entre populations ont eu lieu en Asie, même si l’allèle en question n’est pas présent chez plus de 5% des asiatiques. Certains autres allèles comme HLA-A*11, absents totalement des populations modernes d’Afrique mais existant chez Denisova, peut représenter jusque’à 64% de la population d’Océanie, devenant ainsi dominant dans ces populations.

Le même style de transfert s’est produit avec Néanderthal, et ces rapprochements ont finalement permis d’étendre la diversité de notre système immunitaire, augmentant du même coup nos chances de survie. Mais ça ne marche pas à tous les coups, laissez donc votre cousine tranquille.

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