La goutte qui fait recharger l’iPod.

Un exemple d'électromouillage pour l'US Air Force Academy

Une fois n’est pas coutume, j’ai choisi de parler d’un sujet assez proche de ce qui m’avait préoccupé pendant mes études. On va donc parler en partie de gouttes, de solide, d’étalement, en bref, de mouillage. Rien de sexuel, et je vais pouvoir reprendre par les bases.

Quand on dépose un peu de liquide sur une surface solide, il y a plusieurs scenarii : soit elle va s’étaler pour former un film (comme de l’eau sur du verre très propre, par exemple)- on parle alors de mouillage total, soit elle va faire une goutte (comme la même eau sur un K-way, sur une poêle neuve)- on parle de mouillage partiel. Pourquoi cette différence ? Il s’agit juste de savoir si former deux nouvelles interfaces, comme dans le cas du mouillage total (une interface solide/liquide et une interface liquide/gaz), permet d’abaisser l’énergie du système. On peut aussi faire changer ce bilan énergétique, en injectant de l’énergie électrique pour forcer le mouillage total- on parle alors d’électromouillage.

L’idée exposée par deux chercheurs de l’Université de Technologie d’Eindhoven (une région historiquement importante dans l’histoire du mouillage avec la présence de Phillips) est précisément l’inverse. Ils expliquent dans Nature Communications leur concept de rétro-electromouillage. Le principe est de forcer un démouillage d’un liquide sur une surface diélectrique par un moyen mécanique, pour récupérer l’énergie de surface sous forme électrique.

Et pour effectuer ce forçage mécanique, nous pouvons utiliser une source d’énergie disponible en quantité : l’homme. Et plus particulièrement le mouvement humain, répercuté sur de minuscules gouttelettes dans un dispositif microfluidique. Les scientifiques espèrent pouvoir tirer plus de 20 watts à partir de la marche du célèbre individu lambda.

On pourrait voir, si les grandes espérances se confirment, débarquer un nouveau type de chargeurs, convertissant énergie mécanique en énergie électrique pour recharger la pléthore de gadgets que nous emmenons chaque jour avec nous. C’est une petite révolution, puisque ce type de conversion n’existait jusqu’ici qu’à grande échelle (avec les éoliennes par exemple) ou à très petite (les fameuses calculatrices solaires).

À terme, outre nous permettre de réaliser des économies d’énergie en utilisant moins d’électricité d’origine fossile pour recharger nos batteries diverses, on peut envisager d’alimenter des appareils électroniques loin de toute source fixe d’électricité, comme en situation de combat (pour alimenter des lunettes de vision nocturne par exemple) ou en situation de détresse humanitaire.

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