La peste soit des bactéries.

La peste (allégorie)

Au panthéon des maladies-qui-font-peur, même si E. Coli a réussi une belle percée dans la catégorie « bactéries qui foutent les jetons » en contaminant les concombres, ou les tomates, ou le soja, enfin on ne sait pas trop, mais en tout cas se répandant de façon insidieuse et invisible sur notre innocente pitance, SIDA et cancer tiennent le haut du pavé (promis, je vais essayer de faire des phrases courtes). Mais il n’en a pas toujours été ainsi : demandez à Saint Louis (c’est le moment de sortir les planches de ouija) quel mal lui faisait peur, et il vous parlera (lentement, c’est qu’un verre, c’est long à bouger) surement de la peste qui l’a terrassé.

Et la peste, il se trouve que l’on connaît un peu. En tout cas, on connaît la peste actuelle, jeune, moderne, celle de Madagascar et du Congo. On sait que cette dernière est causée par une bactérie, Yersinia Pestis la bien nommée, qui transite à dos de puce, utilisant notamment comme moyen de transport la puce du rat. Mais quid de la maladie qui était tant redoutée, la peste noire des époque médiévale ?

On en apprend plus dans les Proceedings of the National Academy of Science. On peut en effet y lire l’enquête menée  par des biologistes de Thüringe sur les victimes de la peste noire. Jusqu’à présent, on pensait que si la bactérie était présente dans les corps des malades que l’on a pu retrouver, elle avait été contaminée par de l’ADN plus récente. Le doute pesait aussi sur le coupable, puisque la peste moderne se répand moins vite que la peste médiévale. En utilisant une technique de pointe d’enrichissement et de décodage de l’ADN, les chercheurs teutons ont pu lever le doute, à partir notamment d’émail de dent : Yersinia Pestis était bien responsable, déjà à l’époque.

Chouette, me direz vous : on peut désormais soigner la peste d’il y a 600 ans, ça nous fait une belle jambe (mais moins belle que si on savait soigner la lèpre). Cela dit, la découverte de cette variante médiévale de la bactérie nous apprend quelque chose. En effet, les chercheurs ont pu décoder un plasmide (un bout d’ADN non essentiel), nommé pPCP1, associé à la virulence de cette bactérie. Or, on peut se rendre compte que ce plasmide est très proche de sa version moderne, et n’a donc que très peu changé. On peut donc écarter ce plasmide comme facteur principal de la vitesse de propagation de la maladie et des différences entre les formes modernes et médiévale de la peste.

Alors, certes, on n’a toujours pas trouvé le coupable, mais ça fait toujours un suspect de moins, et une connaissance un peu plus poussée de l’évolution des bactéries. L’enquête continue.

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3 Responses to La peste soit des bactéries.

  1. H says:

    On sait soigner la lèpre, avec de bêtes antibiotiques. Ce qu’on ne comprend pas bien, c’est pourquoi on n’arrive pas à l’éradiquer.

    • G. Berteloot says:

      Je sais bien, c’était surtout pour placer un peu de décalage, concernant l’aspect d’une jambe touchée par la lèpre…

  2. Mage says:

    J’aime beaucoup l’allégorie d’introduction… MOUAHAHAHAHA !!!

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