Biocarburants : le panda nous sort du caca.

En ces temps de haro sur le pétrole, toutes les alternatives sont scrutées de près. En plus des alternatives électriques (et en oubliant les arnaques du genre moteur Pantone) , les biocarburants peuvent constituer une solution crédible. Mais il reste quelques problèmes à régler.

Par exemple, les carburants à base de cellulose (dont on fait déjà le cellophane, entre autres) sont une voie à explorer . Le problème, c’est que les matériaux de base sont pleins de lignocellulose, qui forme une structure fibreuse très résistante. Il faut donc réussir à détruire cette structure avant de pouvoir produire de l’éthanol qui servira à nourrir nos moteurs et nous emmener à Torremolinos pour les vacances.

Et on apprend au meeting national de l’American Chemical Society qu’une avancée pour le moins surprenante vient de se produire. C’est sur un poster présenté par des membres de l’université du Mississippi que l’on se rend compte que le salut pourrait venir … des déjections de panda géant.

En effet, le panda a un régime alimentaire à faire verdir les plus végétariens d’entre nous (et de façon bien plus mignonne, ce qui ne gâche rien) : 99% de ce qu’il mange, c’est du bambou, et il en mange entre 10 et 20 kg par jour (alors que personnellement je cale après trois bouchées). Il est donc important pour lui de digérer cet aliment plein de cellulose et le transformer en sucre (qui nous servira pour faire de l’éthanol). C’est donc dans le système gastro-intestinal du panda que les scientifiques ont cherché.

Rassurez-vous, aucun panda n’a été blessé pendant ces recherches. Pour la bonne raison que les chimistes se sont simplifié la vie en analysant les déjections de panda. Celles-ci sont pleines de bactéries et d’enzymes capables de convertir jusqu’à 95% de la masse de bambou en sucres simples. Il reste maintenant à déterminer quels ingrédients sont cruciaux, à les isoler, pour aboutir à une façon de faire des biocarburants moins chers et de manière plus efficace et écologique.

Cette nouvelle montre aussi l’importance qu’il peut y avoir à préserver la biodiversité. Non seulement d’un point de vue philosophique (et aussi, je sais pas si je l’ai déjà dit, parce que les pandas sont trop mignons), mais aussi technologique.

3 Responses to Biocarburants : le panda nous sort du caca.

  1. H dit :

    En quoi le panda fait-il mieux (en matière de conversion cellulose → sucre) que… le cheval, tiens ?! (qui est assez mignon aussi, il me semble)

    • G. Berteloot dit :

      Premièrement, je ne peux pas laisser dire certaines choses : si on peut à la limite considérer le poney mignon, le cheval n’arrive pas à la cheville du panda.

      Ensuite, de ce que j’ai pu comprendre, le problème n’est pas tant dans la conversion de la cellulose, mais de la lignocellulose (j’ai peut être ensuite été un peu vite en l’assimilant à la cellulose). Le point critique ici ne sera pas vraiment la cellulose mais la lignine. Et si le panda fait mieux que les autres, c’est parce qu’il mange le bambou en entier, là où le cheval se nourrira plus de l’herbe et des feuilles. Or ces dernières ont bien moins de lignine qu’on en trouve dans le bois lui-même. Le panda a donc du s’adapter à un régime bien plus riche en lignine et est donc devenu meilleur pour la digestion. Du coup, on pourrait aussi peut être aller voir chez les termites.

      • H dit :

        Et le cheval islandais ?

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