Rajeunir son apparence sans passer sur le billard.

C’est un poncif de notre société : avec le culte de l’apparence, on peut penser que le jeunisme ambiant pousse à des mesures de plus en plus radicales pour entrer dans les canons de l’époque. Cela va d’une simple teinture pour cacher des cheveux grisonnants à des modifications extrêmes, avec des conséquences parfois désastreuses (comparez les cheveux de Nina Hagen et de Françoise de Panafieu). Pourtant, il existe une solution bien plus simple : choisissez avec qui vous sortez.

Des chercheurs allemands se sont en effet penchés sur notre perception de l’âge des gens qui nous entourent, et livrent leurs conclusions dans Vision Research. L’expérience qu’ils ont conçue est la suivante : ils ont demandé à 24 participants (comme souvent, des étudiants, donc âgés entre 18 et 25 ans) d’estimer l’âge d’une personne à partir d’une photo de son visage. Les photos sont créées en utilisant une technique de morphing, c’est à dire que les chercheurs sont partis de paires d’un visage jeune (20 ans) et vieux (70 ans) pour obtenir en les mélangeant des visages intermédiaires (l’âge étant fixé par les proportions du mélange). Et les résultats montrent que nous sommes dans l’ensemble plutôt bons pour estimer l’age de quelqu’un (enfin, dans ce cas, d’estimer si il a 20, 30, 40, 50, 60 ou  70 ans).

Maintenant, que se passe-t-il quand on doit identifier l’âge de quelqu’un au sein d’un groupe. Pour tester cela, les chercheurs ont mis au point une phase d’adaptation : avant d’avoir à juger l’age de quelqu’un, ils ont d’abord eu à observer différents visages, soit jeunes, soit vieux. On se rend alors compte qu’un individu ayant été exposé visuellement aux outrages du temps estimera globalement quelqu’un plus jeune, mais qu’au contraire, si il a vu préalablement de nombreux visages jeunes, il le pensera plus âgé. Pour être perçu comme plus jeune que l’on est, il faudra donc s’entourer de gens plus âgés (n’en déplaise à Hugh Hefner ou feu Eddy Barclay).

On peut même affiner ce résultat, en refaisant l’expérience avec une période d’adaptation différente : on montrera une série de visages de femmes jeunes et de vieux messieurs, ou l’inverse. On peut alors se rendre compte que le même effet se produit, en se basant sur l’âge des gens du même sexe : une femme entourée de vieux messieurs n’aura pas l’air plus jeune (on pourra de prime abord lui allouer d’autres épithètes, surement car nous sommes de pauvres âmes désabusées), et nos vieux playboys sont finalement sauvés.

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Le bon vieux temps.

« C’était le bon vieux temps », « c’était mieux avant » sont devenus des clichés répandus sur les difficultés d’acclimatation des plus vieux d’entre nous au monde moderne. Même si avant, les femmes n’avaient pas le droit de vote, le sexe avant le mariage était une honte et l’on risquait de se faire envoyer dans des conflits bien réels au cours d’un service militaire à l’utilité discutable. Même si il fallait taper ses textes à la machine, aller à la bibliothèque pour chercher n’importe quelle source historique ou scientifique, ou pire, garder pour soi ses inintéressantes pensées, plutôt que d’en faire un blog.

Le bon vieux temps, avant la tyrannie du déodorant.

Et si cette nostalgie n’était pas juste liée à des regrets, au sentiment d’impuissance sur le temps qui passe, mais à de réels effets neurologiques? Une lecture de la revue Cortex (rien à voir avec la souris) nous en apprend plus: une équipe de chercheurs (de Nouvelle-Zélande et du Massachusetts) vient d’y publier ses découvertes sur les variations de l’encodage de la mémoire avec l’âge. Ils ont en effet conçu une expérience à cet effet, en demandant à des jeunes (19-31 ans) et moins jeunes (61-80) ans de regarder des cartes postales, à tendance positive (image d’un skieur victorieux) ou négative ( un soldat blessé), puis à se les rappeler, le tout dans un appareil à IRMf.

Il apparaît alors que si il n’y a aucune différence pour les deux groupes, quand il s’agit de se rappeler une image négative, l’âge semble bien avoir une importance lorsqu’on tente de se rappeler une image positive. Chez les plus âgés, la zone du cerveau responsable de la mémoire est alors fortement liée à deux zones qui régissent nos émotions, une partie du cortex préfrontal et l’amygdale, ce qui n’est pas le cas pour le reste de la population. Ces connections qui associent images positives et émotions pourraient très bien expliquer pourquoi la mémoire d’évènement positifs est facilitée.