Suite de l’affaire Wakefield.

Le Lancet vient officiellement, après les recommandations de l’équivalent du conseil de l’ordre britannique, de retirer la publication du Dr Wakefield de ses pages. Voici la justification:

Following the judgment of the UK General Medical Council’s Fitness to Practise Panel on Jan 28, 2010, it has become clear that several elements of the 1998 paper by Wakefield et al. are incorrect, contrary to the findings of an earlier investigation. In particular, the claims in the original paper that children were “consecutively referred” and that investigations were “approved” by the local ethics committee have been proven to be false. Therefore we fully retract this paper from the published record.

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Un anti-vaccination historique devant ses pairs: le cas du Dr Wakefield.

Pour nous autres francophones, vaccination et surtout anti-vaccination rappellent deux affaires:

-celle du vaccin contre l’hépatite B, sensé provoquer la sclérose en plaques: ce lien de cause à effet a été rejeté par l’Organisation mondiale de la Santé sur la base de plusieurs études. Il semblerait plutôt qu’il s’agisse malheureusement d’une coïncidence, en lançant une campagne de vaccination de masse il est lgique qu’une partie de la population contracte une autre maladie après la vaccination, qu’elle aurait sans doute attrapé sans.

-celle plus récente autour du vaccin contre H1N1, et les histoires de collusion entre gouvernement et grands groupes pharmaceutiques.

Mais dans les pays anglophones, un des chevaux de bataille des anti-vaccination est le lien prétendu entre vaccination des enfants, et plus particulièrement vaccin contre la rougeole, la rubéole et les oreillons, et autisme.  Tout a commencé par une étude menée par le Dr Andrew Wakefield, publiée dans le prestigieux Lancet, montre comment certains problèmes gastriques peuvent provoquer l’autisme. Le vaccin RRO pouvant être à l’origine de certains de ces problèmes, le docteur en profit pour demander la suspension de la vaccination. Le lien entre vaccination et autisme est né, et il sera repris par un certain nombre de personnalités, comme Jenny McCarthy ou Jim Carrey, à travers Generation Rescue, et le porte-voix des émissions d’Oprah Winfrey (un exemple repris ici).

Comme d'habitude sur les controverses "scientifiques", nous assitons à un grand débat d'idées, à de saines confrontations d'arguments...

Le combat entre pro- et anti-vaccination est âpre dans les médias, mais les conséquences débordent du petit écran: ainsi la rougeole, déclarée éradiquée aux USA en 2001 (63 cas entre 2001 et 2007, majoritairement importés) a fait un retour fracassant en 2008 (rapporté ici par le NY Times).

L’affaire vient de prendre un nouveau tour, en revenant vers son instigateur. Ainsi, pendant que les acteurs prenaient position, les scientifiques se penchaient sur la question. Et les conclusions du Dr Wakefield furent bientôt réfutés. Bien sur, la campagne de dénigrement a causé du tort à la santé publique, mais peut on reprocher à un scientifique d’voir fait une erreur? Pas vraiment, peut être son emportement était il un peu exagéré.

Mais voilà, le Dr Wakefield était il de bonne foi? Le problème est qu’au moment où il a écrit cet article, le bon docteur travaillait sur une alternative au vaccin, qui aurait pu le rendre riche. A ce conflit d’intérêts, qui aurait empêché la publication dans le Lancet si il en avait fait part, s’ajoute une autre faute de taille. L’équivalent du Conseil de l’Ordre des médecins britannique vient de conclure que les actes du docteurs étaient « irresponsables et malhonnêtes », en se penchant sur les conditions éthiques de l’étude: non seulement il n’avait aucune approbation éthique pour conduire ses tests, mais il n’était pas qualifié pour le faire, et allait contre l’intérêt clinique des patients. Ces conclusions pourraient aboutir à une radiation du Dr Wakefield.

Cependant, si les arguments du conseil de l’ordre ne vous conviennent pas, vous pouvez toujours faire part de votre soutien au bon docteur.