La vie est si courte, profitons en jusqu’au bout!

Quand on parle d’espérance de vie, tout le monde ou presque sait que celle des femmes est plus grande que celle des hommes (c’est à dire qu’elles peuvent espérer vivre plus longtemps). En revanche, ce qui est peu abordé dans les cours de géographie, c’est l’espérance de vie sexuelle.

Et parfois on se demande, est-ce que ça en vaut vraiment la peine?

Deux chercheuses de l’Université de Chicago (plus précisément, son département d’obstétrique et de gynécologie) viennent de publier dans le British Medical Journal une étude sur cette espérance de vie sexuelle, à partir de données récoltées dans deux précédentes campagnes, cumulant plus de 6000 sujets.

Pour couper court à tout suspense, les résultats sont sans appel: l’intérêt pour le sexe, la vie sexuelle et même la qualité de celle-ci (d’après eux) est plus grande chez les hommes que chez les femmes, et l’écart se creuse avec l’âge. De plus, on constate que les personnes en bonne santé ont une meilleure espérance de vie sexuelle, mais on en reste dans ce cas à une corrélation: est-ce qu’une bonne santé permet une vie sexuelle plus longue, est-ce qu’une sexualité active permet de garder la santé, ou un peu des deux?

Espérance de vie et espérance de vie sexuelle, chez l'homme et chez la femme, en fonction de l'âge.

La notion d’espérance de vie sexuelle est aussi bien mieux définie et évoquée pour la première fois dans cette étude, et semble être de 10 ans de moins que l’espérance de vie pour les hommes, et 20 pour les femmes. Outre une potentielle différence d’approche du sexe entre les sexes (« tous des obsédés »), il faut pointer des facteurs sociologiques qui expliquent en partie cette différence. En effet, non seulement les hommes meurent plus jeunes, mais ils ont aussi tendance à épouser des femmes plus jeunes: les femmes âgées se retrouvent donc veuves plus tôt dans leur vie, ce qui diminue leurs espoirs de continuer à jouer au docteur (en contrepartie, elles vont surement voir plus souvent le vrai, de docteur).

Les auteurs pointent aussi du doigt le manque de données en ce qui concernent les sexualités différentes, homosexualité, bisexualité ou transsexualité (échantillons sans doute plus difficile à obtenir dans la population).

Un gros vieux c’est un beau vieux.

De plus en plus appelé « nouveau mal de la société » et autres comparaisons médicales douteuses, le sur-poids, voire l’obésité, est régulièrement abordé dans les médias. A juste titre d’ailleurs, car même si on ne peut y voir que la conséquence inéluctable des progrès techniques (nourriture disponible en plus grande quantité et mode de vie facilité par tout un tas d’inventions -automobile, machine à laver, iPad-), le sur-poids reste un facteur de risque pour toutes sortes de maladies, allant jusqu’à augmenter le risque de trépas de 20 à 40%.

Mais ce qui est bon pour nous ne l’est pas forcément pour nos séniors (si l’on est adepte de la novlangue), pour nos aînés (si l’on est adepte de Jean-Pierre Pernaut). Ainsi, le Dr Léon Flicker et ses collègues ont décidé d’étudier l’impact de l’indice de masse corporelle sur la survie des personnes de 70 ans et plus, et nous livrent leurs conclusions dans le Journal of the Geriartrics Society. Pour mieux comprendre les problèmes de poids, ils ont suivi environ 9000 personnes (pour moitié des hommes, je laisse comme exercice aux lecteurs le soin de déduire la proportion de femmes) pendant 10 ans.

Risque de mortalité (Hazard ratio) en fonction de l'indice de masse corporelle (BMI en anglais)

Il ressort de ces études que les personnes appartenant à la catégorie « en sur-poids » (d’après les classifications de l’OMS) ont un risque de mortalité plus faible, et donc une espérance de vie plus grande, que toutes les autres catégories. Cela se vérifie même si l’on sépare les causes de la mort: même dans le cas de problèmes cardio-vasculaires, les séniors de cette catégorie sont plus résistants.

Bien sur, il existe quelques problèmes avec la méthodologie, certains allant dans le bon sens ( les données de taille et poids étaient données par les sujets, qui ont tendance à surestimer la taille et sous estimer le poids, diminuant ainsi artificiellement leur IMC), d’autres allant dans le sens contraire (les personnes malades ont tendance à perdre du poids). Ces effets ont été pris en compte par différentes méthodes, sans que cela n’altère les résultats.

La suite logique de cette étude pourrait être une  modification des recommandat