La tête et les jambes?

Parmi les clichés qui ont la vie dure, il y a celui de l’intello tendance crevette à lunettes, avec son asthme et capable de soulever à peine plus que sa calculatrice. Presque aussi populaire que celui du sportif décérébré (« vous avez déjà entendu penser un footballeur? » demandait Pierre Desproges), style montagne de muscle pour qui faire ses lacets tient du test d’entrée à la MENSA.

C’est en quête de lumière sur ce mythe que le professeur Lesley Cotrell, de la West Virginia University, s’est lancée dans une batterie de tests. Elle en a parlé à la Conférence on Nutrition, Physical Activity and Metabolism de l’American Heart Association, qui se tient en ce moment à San Francisco. Ce qu’elle a cherché à démontrer, c’est le lien entre la forme physique des enfants et leur niveau scolaire.

Pour ce faire, 725 écoliers, de l’équivalent américain du CM2, ont donc été soumis à des tests scolaires, une mesure de leur IMC et de leur état de forme physique. Les tests ont été répétés deux ans plus tard, ce qui a permis de classer les écoliers en quatre groupes: ceux qui sont restés en forme tout le temps, ceux qui ne l’ont jamais été, ceux qui l’ont été en CM2 mais ne le sont plus en 5e, et ceux qui le sont devenus en 5e.

Le groupe qui a montré les meilleurs résultats académiques est clui des enfants en forme tout le temps, puis celui des enfants qui sont devenus physiquement plus forts avec le temps. En queue de peloton viennent ceux qui n’ont jamais été en forme, confirmant les doutes sur le niveau intellectuel des invertébrés.

Si on ajoute à cela que la forme physique dès l’enfance à de grandes répercussions sur la santé des adultes, on comprend alors tout l’avantage qu’il y a à ne pas négliger l’éducation physique et le sport, qui semble aller main dans la main avec les performances dans d’autres matières scolaires. Finalement, mens sana in corpore sano, ce n’est pas si bête.

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Un gros vieux c’est un beau vieux.

De plus en plus appelé « nouveau mal de la société » et autres comparaisons médicales douteuses, le sur-poids, voire l’obésité, est régulièrement abordé dans les médias. A juste titre d’ailleurs, car même si on ne peut y voir que la conséquence inéluctable des progrès techniques (nourriture disponible en plus grande quantité et mode de vie facilité par tout un tas d’inventions -automobile, machine à laver, iPad-), le sur-poids reste un facteur de risque pour toutes sortes de maladies, allant jusqu’à augmenter le risque de trépas de 20 à 40%.

Mais ce qui est bon pour nous ne l’est pas forcément pour nos séniors (si l’on est adepte de la novlangue), pour nos aînés (si l’on est adepte de Jean-Pierre Pernaut). Ainsi, le Dr Léon Flicker et ses collègues ont décidé d’étudier l’impact de l’indice de masse corporelle sur la survie des personnes de 70 ans et plus, et nous livrent leurs conclusions dans le Journal of the Geriartrics Society. Pour mieux comprendre les problèmes de poids, ils ont suivi environ 9000 personnes (pour moitié des hommes, je laisse comme exercice aux lecteurs le soin de déduire la proportion de femmes) pendant 10 ans.

Risque de mortalité (Hazard ratio) en fonction de l'indice de masse corporelle (BMI en anglais)

Il ressort de ces études que les personnes appartenant à la catégorie « en sur-poids » (d’après les classifications de l’OMS) ont un risque de mortalité plus faible, et donc une espérance de vie plus grande, que toutes les autres catégories. Cela se vérifie même si l’on sépare les causes de la mort: même dans le cas de problèmes cardio-vasculaires, les séniors de cette catégorie sont plus résistants.

Bien sur, il existe quelques problèmes avec la méthodologie, certains allant dans le bon sens ( les données de taille et poids étaient données par les sujets, qui ont tendance à surestimer la taille et sous estimer le poids, diminuant ainsi artificiellement leur IMC), d’autres allant dans le sens contraire (les personnes malades ont tendance à perdre du poids). Ces effets ont été pris en compte par différentes méthodes, sans que cela n’altère les résultats.

La suite logique de cette étude pourrait être une  modification des recommandat