Un nouveau regard sur l’invisibilité

De H.G. Wells aux espions du futur, l’invisibilité est une quête à la fois scientifique et imaginaire. Imaginaire, car notre technologie Moldu reste bien loin de pouvoir produire la cape d’Harry Potter ; et scientifique, car les recherches continuent. De premières solutions existent au stade de prototype, plus efficaces que le style « momie » propre à tout bon homme invisible. L’idée la plus simple est de se munir d’une caméra pour filmer l’arrière-plan, et le projeter sur soi. Cette technique rudimentaire est déjà mise en pratique, mais a quelques sérieuses limitations techniques, devant s’adapter aux différents angles de vue, ce qui risque de s’avérer bien compliqué dans un environnement urbain, par exemple.

L’apparition des métamatériaux, qui permettent de déformer entre autres les ondes électromagnétiques (et donc la lumière) de manière très fine, a marqué une révolution dans la quête de l’invisibilité. Ces matériaux peuvent donc être utilisés pour faire contourner un objet à la lumière en la déformant, et des dispositifs ont déjà été réalisés pour des micro-ondes, mais aussi pour de la lumière visible. Ces dispositifs sont très prometteurs, mais ils nécessitent pour le moment des conditions drastiques d’illumination, ainsi qu’une structure fixe (qui encombrera donc énormément les mouvements des ninjas des temps modernes).

Dans le Journal of Optics, des chercheurs anglais innovent en proposant une autre approche : plutôt que de détourner les rayons lumineux, ils proposent de modifier leurs vitesses. En effet, certains métamatériaux permettent d’accélérer ou de ralentir la lumière. Supposons alors que vous vouliez vous rendre d’un point A (votre bureau ou votre maison) à un point B (l’avant première du nouveau Harry Potter, par exemple). Ce que les opticiens proposent, c’est d’accélérer la lumière sur la seconde moitié de votre trajet – de sorte à ce qu’elle arrive avant que vous n’ayez le temps d’interférer avec elle – et de la ralentir sur la première partie, afin qu’elle arrive trop tard. En faisant ensuite de l’autre coté l’opération inverse, les scientifiques pensent pouvoir arriver à ce qu’ils appellent la « téléportation Star Trek », c’est à dire que l’observateur vous verra passer directement de votre poste de travail au fauteuil du cinéma sans vous voir acheter le pop-corn.

Évidemment, cette technologie n’en est qu’à ses balbutiements, et on est encore loin de la combinaison pour forces spéciales. Néanmoins, des applications concrètes existent déjà, dans le domaine des fibres optiques : on peut ainsi réaliser des opérations (de maintenance, par exemple) en temps réel sans perte de signal pour l’utilisateur. D’autres applications sont possibles, même si plus hypothétiques, dans le domaine de la protection des côtes ou contre les séismes grâce aux métamatériaux modifiant les ondes sonores, marines ou terrestres.

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Pour vivre mieux, ne touchons pas à nos horloges.

Avec l’arrivée de la pluie et de la froidure vient tous les ans le rituel du changement d’heure. Devenu tellement automatique que l’on en oublie parfois les raisons, décaler en été l’heure officielle est avant tout une question d’économie d’énergie. Sur une idée de Benjamin Franklin, il s’agit de profiter au maximum des heures d’ensoleillement en les décalant afin qu’elles soient plus en phase avec le rythme de vie des citoyens: il est plus avantageux de ne pas avoir à éclairer les rues entre 21h et 22h qu’entre 5h et 6h. Si l’on sait que les animaux peuvent être déboussolés par ce changement dans le rythme de vie, il semblerait que les humains n’y sont pas non plus insensibles.

Au Policy Studies Institute, on va même jusqu’à proposer de modifier ce changement d’horaire. Pas pour revenir en arrière, mais au contraire, pour ne pas passer à l’heure d’hiver, et avancer encore d’une heure l’heure d’été. Dans une lettre au British Medical Journal, Mayer Hillman explique son point de vue. Selon lui, au Royaume Uni, cette mesure permettrait de faire gagner 300h d’ensoleillement par an pour les adultes, et 200 pour les enfants. Et ce temps passé au soleil a de nombreux avantages: il permet de passer plus de temps à faire du sport en plein air, et permet également aux familles de passer plus de temps ensemble. On sait également que les personnes âgées se sentent, à raison peut être, moins en sécurité dans l’obscurité, et restreignent leurs sorties l’hiver.

De plus on connait les effets du manque de lumière sur l’organisme: il peut mener à la dépression saisonnière. Les causes exactes de cette dépression n’étant pas totalement connues, on peut penser à un déficit hormonal causé par le manque de vitamine D. Certains psychologues évolutionnistes vont même jusqu’à spéculer un reste d’hibernation dans une mémoire génétique qui nous viendrait de nos ancêtres lointains, pour expliquer cette apathie hivernale. En tous les cas, cette mesure permet à la population de bénéficier de plus de lumière, et donc de la rendre un peu plus heureuse. N’est-ce pas le but de la politique?