Le rat, le fromage et le Robogator

Image Choi & Kim

Manger ou être mangé, finalement, cet axiome ne résume pas si bien que cela la vie sauvage. L’important, c’est plutôt de manger sans être mangé, à part peut-être pour notre ami le ténia. Pour ne pas être dévorés par leurs prédateurs, la plupart des animaux se trouvent ou se construisent un abri, mais hélas, faute de livraison à domicile efficace, il faut sortir pour se nourrir. Au risque de servir soi-même d’amuse-gueule. Alors, comment nos amis à poils (on se focalisera surtout sur les mammifères) font ils pour s’en sortir?

À première vue, je ne sais pas si ce qui m’aurait motivé personnellement, c’est le but de la recherche, ou de monter l’expérience présentée dans PNAS par des chercheurs coréens de la Korea University et de l’Université de Washington. Cette dernière consiste à placer un rongeur dans un abri, puis à disposer de la nourriture à l’extérieur de celui-ci. Mais attention, un RoboGator de chez Légo veille. Le rat sort donc de son abri, pour y retourner lorsqu’il aperçoit le terrifiant robot. Celui-ci est programmé pour avoir un rayon d’action précis (neuf pouces, un jour pendra par les pieds ceux qui ne veulent pas adopter le système métrique), que le rat va finir par apprendre. Finalement, le rat ira chercher la nourriture placée hors de portée du prédateur, ne se risquant pas à s’approcher des autres sources, plus proches du RoboGator.

En plus de jouer à faire peur à des rats avec des robots, cette expérience peut aussi servir à montrer le rôle de l’amygdale. Celle-ci est connue, en plus de servir dans la reconnaissance des émotions, pour abriter le circuit de la peur et le réguler, par exemple chez l’humain. Dans cette étude, on peut voir comment elle influence le choix entre la sécurité et la nourriture. Ainsi, lorsque l’on stimule l’amygdale des rats, ceux-ci restent paralysés par la peur, et ne vont même plus chercher la nourriture accessible sans risque. En revanche, induire des lésions dans cette partie du cerveau fait des rats sans peur, qui ne prennent quasiment pas conscience du monstre de plastique qui rôde.

Cette étude permet d’en savoir un peu plus sur le rôle de l’amygdale, en confirmant certaines études différentes. On se rend ainsi compte du rôle que prend la peur (l’amygdale régulant également les peurs irrationnelles, difficiles à examiner dans le cas du rat) dans des processus de décisions qui pourraient ne se réduire qu’à de la logique pur (« ai-je le temps de passer avant de me faire manger? »).

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Être entouré fait il moins craindre la mort?

Nous avons tous, plus ou moins selon les individus et les circonstances, peur de mourir. Peur de l’inconnu, peur de la souffrance, peur aussi de faire souffrir, tout cela est très normal. Mais a-t-on plus peur de mourir lorsque l’on vit entouré de ses proches?

Tout dépend sans doute de l'image qu'on a de la Mort.

Dans le numéro d’avril du Postgraduate Medical Journal, on peut lire une analyse de chercheurs londoniens sur la peur de mourir chez les personnes âgées. Pour cela, il se sont servis d’études démographiques, les études Omnibus, où les blancs anglo-saxons prédominent, et Ethnibus, s’intéressant plus aux minorités ethniques au Royaume-Uni. Dans ces deux études, parmi de nombreuses autres questions, les sujets ont du s’expliquer sur leur peur de la mort (peur de la mort elle-même, de la façon de mourir, de la douleur…), et sur leur qualité de vie.

Les différences entre les caucasiens (comme disent les saxons, bref, les blancs) et les minorités ethniques sont impressionnantes:  si un tiers des personnes appartenant aux dernières vit dans un foyer contenant quatre adultes ou plus, c’est seulement le cas pour 1% des sujets d’Omnibus. Et là où deux tiers des participants d’Ethnibus affirment avoir un réseau familial de plus de quatre personnes prêts à aider de façon pratique, contre un tiers chez les participants d’Ethnibus.

En ce qui concerne la peur de la mort, si dans les deux cas une meilleure qualité de vie se traduit par une peur de la mort moins grande, les membres des minorités ethniques montrent une peur significativement plus grande.De même, avoir plus de proches prêt à aider semble augmenter la peur de la mort, comme la maladie ou la difficulté à se déplacer.

Les auteurs rappellent que seulement une mort sur cinq a lieu au domicile, et que si l’on suit la tendance actuelle, ce sera une sur dix en 2030 : les principales peurs se fondent donc sur les soins, et leur accessibilité, ce qui pourrait expliquer les différences entre les deux groupes de population.