S’inspirer des homéopathes.

Le débat fait de plus en plus rage entre partisans de la médecine « allopathique » (appelée evidence-based par les anglos-saxons, en cela qu’elle se base sur les résultats d’études et d’expériences suivant la démarche scientifique) et les partisans des « médecines alternatives » (dont l’approche se veut plus philosophique). Parmi ces dernières, l’homéopathie est une forme particulièrement populaire en France : celle-ci est basée sur le principe des dilutions extrêmes, supposant un produit très dilué, généralement au point que l’on ne puisse trouver dans le remède une seule molécule active. D’un point de vue scientifique (ou, comme le diraient les détracteurs, du point de vue de la « science officielle »), malgré quelques tentatives dans le sillage du Dr Benveniste et sa « mémoire de l’eau », le Lancet a publié une analyse assez complète montrant que les remèdes homéopathiques ne sont pas plus efficaces qu’un placebo.

Toutefois, il semblerait que la médecine conventionnelle ait quelques leçons à tirer de ses détracteurs. En effet, si de nombreuses personnes se tournent vers l’homéopathie, c’est parce qu’ils ont l’impression d’être mieux pris en compte que chez un médecin classique. L’impression générale qui se dégage, c’est que l’homéopathe soigne le patient la où le médecin soigne la maladie. Et une nouvelle étude cette fois parue dans Rheumathology nous montre les bienfaits de l’approche alternative.

Cette étude porte sur des patients atteints de polyarthrite rhumatoïde. Ces patients ont donc été soignés, en plus d’un traitement conventionnel, au cours de « consultations homéopathiques » (consultations telles que pratiquées par les homéopathes) ou au cours de consultations plus classiques, à l’issue desquelles on leur prescrit soit un traitement homéopathique complexe, soit un traitement standard, soit un placebo. L’étude montre que si le type de médication reçue ne change pas grand chose, comme déjà indiqué par l’étude du Lancet, le type de consultation, lui, importe : les consultations homéopathiques sont bénéfiques au patient.

Sans remettre en cause les fondements de la médecine moderne, basée sur des faits avérés, on devrait effectivement s’inspirer des pratiques alternatives dans ce qu’elles ont de positif, à savoir une plus grande prise en compte du patient, ce qui leur donne une dimension plus humaine.

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Bourré de testostérone.

La testostérone est une hormone souvent associée à la masculinité, ce qui est loin d’être une idée reçue, puisqu’elle contribue, entre autre, au développement des organes sexuels des dits hommes. Et généralement, quand on parle d’un individu bourré de testostérone, on pense à la pilosité et à la subtilité comportementale de notre joyeux cousin le bonobo. Avec le côté brutal en plus. Bref, quand on me dit testostérone, j’ai tendance personnellement à voir cet homme que nous avons tous croisé dans un bar en fin de soirée, l’œil suintant, attiré par le moindre décolleté, et prêt à se battre pour un rien.

Et je crois bien m’être fourvoyé: ne s’arrêtant pas au idées reçues, le Pr. Ernst Fehr de Zurich, avec des collaborateurs bein entendu, s’est penché sur le rôle que pouvait avoir la testostérone sur le comportement social de certains individus, et vient de publier les résultats.

L’expérience est assez simple: chaque cobaye du test participe au jeu de l’ultimatum, en tant que donneur ou receveur. Les règles du jeu sont simples: on distribue au donneur 10 billets (ici d’un franc suisse, probablement issu du compte numéroté d’un ancien dictateur africain) , et on demande à celui de donner à sa guise 5, 3, 2 ou 0 billets au receveur, qu’il ne voit pas et avec qui il n’aura aucun contact.Celui-ci peut alors accepter l’offre, auquel cas le partage est effectué, ou la refuser, et dans ce cas personne ne gagne rien. On peut donc voir ceux qui partagent leur gain de façon équitable (en donnant 5 billets) des autres. Des études précédentes ont montré que dans ce jeu, certains proposent un partage équitable dans un souci de partage, alors que d’autres le font avec une visée stratégique, sachant qu’ils ont toutes les chances de s’assurer un gain.

On administre ensuite aux donneurs une dose de testostérone, ou un placebo, et l’on compare les résultats. On constate alors que les donneurs qui ont reçu l’hormone ont plus tendance à formuler  des offres justes. Et cela va dans le sens de la théorie des chercheurs: la testostérone augmente l’importance que l’on donne au statut social. Ayant plus conscience de leur statut, les donneurs veulent éviter au maximum l’affront social que constitue le rejet.La testostérone pousserait donc à ête plus sociable, plus intégré, pour ne pas être rejeté du groupe.

Un autre aspect intéressant  de cette étude est l’illustration qu’elle fait du pouvoir de persuasion que peuvent avoir les clichés ancrés dans nos esprits. En effet, dans l’esprit général (et dans le mien, avouons le, avant d’avoir lu cet article), la testostérone est associée à un comportement agressif, violent, bref, antisocial. L’éthique médicale impliquant de prévenir les sujets qu’ils vont recevoir de la testostérone ou un placebo, ils se sont rendus compte que ceux qui pensaient avoir reçu de la testostérone faisaient en général plus d’offres injustes, au contraire de ceux persuadés d’avoir reçu un placebo. Bref, inconsciemment ou non, ils étaient influencés par l’idée qu’il se faisaient de l’action de la testostérone.

Finalement, je crois bien que la prochaine fois, dans un bar en fin de soirée, le mec bourré de testostérone, ce sera celui qui me paiera une bière.

Commençons par un appel au suicide…

Un suicide collectif organisé en direct, sans que personne ne s’en soucie?

C’est bien ce que compte faire l’organisation 1023, pour sensibiliser l’opinion et lutter un peu plus contre la pseudo-science.

Le but est un peu plus précis dans ce cas: lutter contre la croyance en l’homéopathie.

Rappelons en quelques mots ce qu’est l’homéopathie: il s’agit de la croyance selon laquelle un produit, dilué à de très faibles doses (en moyenne, une ou quelques molécules par gélule, voire moins), et « énergisé », peut avoir une action bénéfique sur l’organisme.

La science, elle, reste incrédule, et même plus: d’après une étude conduite à Berne et publiée dans le prestigieux Lancet, lisible ici pour ceux qui ont un accès direct aux publications , les effets de l’homéopathie sont très faibles, et comparables à ceux d’un placebo. En d’autres termes, ce qui semble soigner lorsque l’on prend un « médicament homéopathique », c’est la foi que l’on place en ce médicament (foi qui joue également un rôle dans l’efficacité de la médecine scientifique, mais plus limité).

L’organisation 1023, donc, appelle à un suicide collectif homéopathique: à 10h23, le 30 Janvier, tous les sceptiques anglais sont invités à avaler une large dose de remède homéopathique vendu dans les pharmacie du groupe Boots, afin de démontrer à ses dirigeants l’inefficacité et l’innocuité des produits.

Espérons qu’un jour la même démarche sera lancée en France, où 80% des remèdes homéopathiques sont vendus.