Manger liquide, un bon régime?

Bien entendu, on ne préviendra jamais assez des méfaits de l’alcool, notamment de l’alcool au volant. Mais cela ne veut pas dire qu’il faut à tout prix diaboliser la boisson et parler des avantages qu’il peut y avoir à boire avec modération. C’est ce que je vais faire aujourd’hui, en abordant une récente découverte.

L’alcool est souvent associé à la prise de poids, l’expression anglaise « beer belly » lui rendant un vibrant hommage. Toutefois, il semblerait que les choses ne soient pas aussi simples que ça. En effet, une étude d’une équipe de Boston vient de faire le lien entre consommation d’alcool et gain de poids, et a trouvé un résultat quelque peu inattendu.

L’étude a porté sur 19220 femmes âgées de  39 à 89 ans, dans le cadre d’une étude appelée « Women’s Health Study ». Les femmes sélectionnées ont en commun d’être en bonne santé, d’avoir un I.M.C. normal (entre 18 et 25), et ont donné leur poids pendant treize ans. Les changements de l’I.M.C. sont visibles ici:

Evolution de l'I.M.C. au cours du temps, en fonction de la consommation d'alcool. Les résultats sont stratifiés par âge au début de l'étude (moins de 50 ans en A, entre 50 et 59 ans en B, plus de 60 ans en C), et ajustés pour prendre en compte différents facteurs comme l'alimentation, l'âge, le poids initial...

Il y a donc un effet d’amaigrissement chez les femmes qui boivent raisonnablement, et cela se traduit par une autre caractéristique, la plus faible probabilité de devenir obèse (I.M.C. supérieur à 25).

Pour autant, il ne s’agit pas de prendre l’alcool pour un remède miracle contre la prise de poids, au vu des conséquences, notamment psychologiques et sociales. La dépression ou l’héroïne font elle aussi perdre du poids, rappelons-le. En revanche, une consommation modérée ne semble pas si déraisonnable, au moins du point de vue diététique.

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Un gros vieux c’est un beau vieux.

De plus en plus appelé « nouveau mal de la société » et autres comparaisons médicales douteuses, le sur-poids, voire l’obésité, est régulièrement abordé dans les médias. A juste titre d’ailleurs, car même si on ne peut y voir que la conséquence inéluctable des progrès techniques (nourriture disponible en plus grande quantité et mode de vie facilité par tout un tas d’inventions -automobile, machine à laver, iPad-), le sur-poids reste un facteur de risque pour toutes sortes de maladies, allant jusqu’à augmenter le risque de trépas de 20 à 40%.

Mais ce qui est bon pour nous ne l’est pas forcément pour nos séniors (si l’on est adepte de la novlangue), pour nos aînés (si l’on est adepte de Jean-Pierre Pernaut). Ainsi, le Dr Léon Flicker et ses collègues ont décidé d’étudier l’impact de l’indice de masse corporelle sur la survie des personnes de 70 ans et plus, et nous livrent leurs conclusions dans le Journal of the Geriartrics Society. Pour mieux comprendre les problèmes de poids, ils ont suivi environ 9000 personnes (pour moitié des hommes, je laisse comme exercice aux lecteurs le soin de déduire la proportion de femmes) pendant 10 ans.

Risque de mortalité (Hazard ratio) en fonction de l'indice de masse corporelle (BMI en anglais)

Il ressort de ces études que les personnes appartenant à la catégorie « en sur-poids » (d’après les classifications de l’OMS) ont un risque de mortalité plus faible, et donc une espérance de vie plus grande, que toutes les autres catégories. Cela se vérifie même si l’on sépare les causes de la mort: même dans le cas de problèmes cardio-vasculaires, les séniors de cette catégorie sont plus résistants.

Bien sur, il existe quelques problèmes avec la méthodologie, certains allant dans le bon sens ( les données de taille et poids étaient données par les sujets, qui ont tendance à surestimer la taille et sous estimer le poids, diminuant ainsi artificiellement leur IMC), d’autres allant dans le sens contraire (les personnes malades ont tendance à perdre du poids). Ces effets ont été pris en compte par différentes méthodes, sans que cela n’altère les résultats.

La suite logique de cette étude pourrait être une  modification des recommandat