Le chômage et ses conséquences psychologiques.

La perte d’un emploi est une expérience qui peut s’avérer particulièrement difficile. En effet, perdre son emploi peut signifier perdre sa source de revenus, et donc compromettre une certaine vision de l’avenir, mais selon ce qu’on trouvait à son travail, cela peut aussi signifier une perte de statut social et d’estime de soi. Bref, un futur incertain et un présent peu joyeux, voilà de quoi préparer une bonne dépression. Mais passé le coup dur, quelles sont les conséquences à long terme d’une période de chômage?

On peut trouver une partie de la réponse grâce à une vaste étude, appelée GSEPS, qui permet d’avoir accès aux conditions socio-économiques ainsi qu’à la satisfaction personnelle de nombreux allemands. Si les études précédentes semblent montrer, dès les années 30 et jusqu’à récemment (en s’appuyant donc d’abord sur l’étude d’une petite ville autrichienne, puis sur les données du GSEPS), que le chômage laisse une « cicatrice émotionnelle », une nouvelle étude parue dans le Journal of Neuroscience, Psychology and Economics vient remettre cette vision en question. Pour cela, elle se base sur l’hétérogénéité des réactions face au chômage.

Ils ont donc divisé les 774 allemands touchés par le chômage mentionnés dans l’étude en quatre groupes. Tout d’abord, la majorité des sondés (69%) avaient un niveau de satisfaction personnelle avant leur licenciement haut et stable. Ceux-là se montrent les plus affectés au moment de la perte de leur emploi, mais un an après retrouvent un  niveau de satisfaction comparable. Vient ensuite ceux (15% environ) dont le niveau de satisfaction était en train d’augmenter avant l’épreuve fatidique : leur satisfaction revient également au niveau précédant le licenciement.Les gens qui avaient à la base peu de satisfaction (13%) n’ont quasiment pas été touché, et enfin ceux dont la satisfaction déclinait (4%) ont continué à la voir baisser, jusqu’à un rebond trois ans après la perte de l’emploi. Ces derniers étaient également les moins susceptibles de retrouver un boulot.

De plus, on se rend compte que le climat économique a une forte influence sur le sentiment de satisfaction des citoyens, et plus particulièrement lorsque des plans de licenciement massifs sont géographiquement proches. D’après les auteurs, cela suggérerait que les travailleurs sont en fait plus stressés par le fait de potentiellement perdre leur job que lorsqu’ils le perdent réellement. La peur de la perte aurait finalement plus d’effet que la perte en elle-même, ce qui n’est pas vraiment rassurant en des périodes économiques troubles.

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Heureux comme Dieu en France.

Appartenir à une religion rend heureux. Au delà du cliché du croyant béat, cette affirmation a été explorée par plusieurs études (ici ou) qui ont trouvé un fond de vérité au lien entre croyance religieuse et autosatisfaction. La question en suspens, c’est l' »ingrédient secret », la facette (ou les facettes) de la pratique religieuse qui augmente la sensation de satisfaction. On pourrait penser par exemple que la spiritualité joue un grand rôle, dans un sentiment d’harmonie avec soi-même et avec le monde réconfortant. Ou encore imaginer que la présence d’un Dieu protecteur est rassurante. Ou que le bon goût de l’hostie illumine la fin de semaine.

Pour dénicher l’élément en question, on peut se pencher sur les données d’une grande étude nommée Faith Matters, et qui détaille le comportement de 5879 personnes principalement issues des trois grandes branches chrétiennes. C’est ce qu’on fait deux chercheurs de l’université d’Harvard, qui livrent leur pensée sur les liens entre religion et satisfaction dans la revue American Sociological Review. Leur approche consiste à appréhender la pratique religieuse comme la source d’un réseau social, duquel va découler un certain réconfort.

Ainsi, on se rend compte que si 33% des gens qui vont à l’église toutes les semaines et qui ont entre trois et cinq amis proches qui partagent la même foi se disent extrêmement satisfaits de leur vie, ce pourcentage chute à 19% quand les dévots n’ont de lien avec aucun autre adepte de leur culte (ce qui les met au même niveau que ceux qui ne vont jamais à l’église). En revanche, ceux qui ont des amis dans la même communauté religieuse mais ne se rendent au culte que quelque fois par an sont 23% à afficher ce niveau de satisfaction.

Le point déterminant semble donc être le lien qui rattache les membres de la congrégation : les chercheurs expliquent en effet que c’est par ce biais que la religion peut accomplir un de ces buts, c’est à dire bâtir une communauté sur un socle moral commun (ce que les chrétiens nomment Église, les musulmans Oumma). La réalité de cette communauté n’est tangible pour un croyant que s’il noue des liens avec d’autres croyants, ce qui le conforte alors dans un sentiment d’appartenance. C’est ce sentiment d’appartenance qui donnerait satisfaction, et que l’on pourrait rapprocher d’autres communautés, par exemple sportives : à partir d’un moment, le sport ne devient plus qu’une excuse pour voir des amis.