Que ne ferait on pas pour impressionner une jolie demoiselle?

Il y a de nombreux facteurs qui semblent faire baisser drastiquement l’intelligence de nos congénères: on pourrait citer l’alcool, ou de nombreuses autres drogues, mais aussi l’effet de groupe (accepter un comportement pour ne pas être exclus du groupe). Parmi ceux-ci, un est ancré au plus profond de nous par un besoin primaire, celui de perpétuer l’espèce. Comme dans le cas de la roue du paon ou des combats de cerfs, les hommes sont souvent prêts à beaucoup pour séduire.

Quitte à prendre des risques, autant le faire pour les yeux d'une femme que pour ceux d'un banquier, non?

Deux chercheurs de l’Université du Queensland ont ainsi publié un article sur le sujet, dans Social Psychological and Personality Science, s’intéressant à l’effet de la présence d’une jolie femme sur le comportement de jeunes hommes. Pour cela, ils se sont rendus dans un skate-park, et on demandé à 96 skaters d’effectuer des figures dans deux cas de figures: soit devant un homme, soit devant une femme. Un test salivaire permet également de connaître le taux de testostérone avant et après la démonstration.

Les skaters ont montré qu’ils prenaient plus de risques dans les figures qu’ils tentaient devant la jeune femme, en abandonnant moins, ce qui donne en comparaison plus de figures réussies mais aussi plus de ratés lamentables. Le taux de testostérone des skaters soumis à l’irrémédiable attraction féminine s’est révélé augmenter de façon drastique.

Les auteurs concluent que ce qui nous est raconté depuis des millénaires (déclencher une guerre pour le regard d’une femme) est expérimentalement vrai: les hommes prennent plus de risques quand ils ont l’espoir de pouvoir séduire une jolie femme. Ils vont même plus loin, en suggérant que les avantages du point de vue évolutif (reproduction favorisée) de la prise de risque, tant dans la séduction de la femme que dans le triomphe sur ses rivaux, a pu pousser l’homme à adapter des voies hormonales pour faciliter cette prise de risque.

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Je lui ai donné ma petite fleur.

Quand des gens vous disent qu’ils ont forniqué, fait du sexe, fait sauvagement l’amour, ce qui s’est réellement passé reste élusif, et ne restera probablement qu’à l’état de supposition. Et pour cause, puisque d’après une étude parue dans le journal Sexual Health, le mot « sexe » (« have sex » en anglais) peut recouvrir des réalités bien différentes.

Les chercheurs du Kinsey Institute ont commencé à déflorer ce sujet en 1999, à l’aune du scandale sexualo-présidentiel qui a secoué les U.S.A. à l’époque. Au siècle dernier donc, ils avaient cherché à savoir ce quelle réalité recouvrait l’expression « to have sex », en posant des questions à des étudiants, sans parvenir à des résultats très formels. Une nouvelle étude a été montée, incluant une cible plus large, et des questions plus précises, sur certaines pratiques sexuelles ou moments cruciaux (peut on parler de relation sexuelle si il n’y a pas d’orgasme, par exemple).

La question posée à 204 hommes et 282 femmes était donc « diriez vous que vous avez une relation sexuelle si la chose la plus intime que vous avez faite est… ». Et les résultats montrent toute l’ambiguïté du terme. Entre autres, on peut citer:

  • le fait que les réponses ne montrent pas de différence significative entre hommes et femmes.
  • que  si 95% des gens considèrent qu’une pénétration vaginale par le pénis (oui, parler de sexe en terme médical, je conçois que ce soit moins affriolant) est une relation sexuelle, le nombre chute à 89% si il n’y a pas d’éjaculation.
  • si en moyenne 81% des gens qualifient la sodomie (sans pénétration vaginale donc) comme une relation sexuelle, ce pourcentage tombe à à 79% pour les hommes les plus jeunes (18-29 ans), 50% pour les plus vieux (plus de 65 ans) et 67% pour les femmes les plus âgées.
  • 71% et 73% considèrent un rapport bucco-génital, respectivement actif et passif, comme une relation sexuelle.
  • Les hommes les plus vieux sont les plus réticents dans le cas d’une pénétration vaginale (77%).

La conception d’un rapport sexuel peut donc être vague, et il convient d’en tirer certaines conséquences. En effet, si il arrive que le médecin se renseigne sur la fréquence de rapport sexuels, celui-ci doit prendre en compte toute la diversité que ce terme peut recouvrir. Quitte à devoir rentrer dans les détails. Si l’épidémie de SIDA a forcé les médecins à le faire, il y a encore quelque progrès à faire.