Une question de priorité…

Qu’on la célèbre via un tweet sur son iPad ou qu’on la voue aux Gémonies en scandant Marx, la société de consommation est de plus en plus présente, et offre une diversité de choix de jour en jour plus grande. A tel point que ces choix puissent parfois paraître étranges: sacrifieriez vous une partie de votre alimentation pour le dernier écran 3D? Une partie du confort de votre intérieur pour conduire une plus belle voiture? Une partie de l’éducation des enfants pour de plus belles vacances? Vos dernières stock-options pour des seins plus gros?

Si ces choix ne sont pas toujours évidents, ils peuvent parfois paraître surprenants. On apprend ainsi grâce à une étude de l’O.N.U portant sur la réalisation des objectifs du millénaire pour le développement qu’en Inde, les gens ont semble t il fait leur choix. Le rapport porte en effet sur l’accès à des sanitaires décents (1,1 milliards de gens, sans compter ceux des ruelles sombres le soir de la Fête de la Musique, défèquent à l’air libre de par le monde). Et les résultats pour l’Inde, deuxième pays le plus peuplé de la planète, sont alarmants: en 2008, environ 366 millions d’Indiens avaient accès à des sanitaires décents. Ce chiffre est à comparer, avec les 545 millions de téléphones portables en circulation dans le pays: même si certains peuvent en posséder plusieurs, il semble qu’en Inde, la population a plus facilement accès à un téléphone portable qu’à des toilettes.

L’étude évalue le coût complet d’une installation sanitaire à environ 300$, et estime que grâce aux gains en matière de santé publique ou de productivité, chaque dollar investi dans des latrines peut en rapporter entre 3 et 34. En effet, le manque de gogues peut favoriser la propagation de maladies via l’eau, qui ont tué environ 4,5 millions d’enfants ces 3 dernières années dans le monde. Procurer des toilettes aux plus pauvres est donc une nécessité indéniable, qui souffre néanmoins de son image peu ragoutante, car rarement citée parmi les grandes déclarations d’intentions des organisations humanitaires. Et puis surtout, sans toilettes, où trouver un endroit pour téléphoner tranquillement?

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Antennes-relais, des effets insoupçonnés?

De gré ou de force, le téléphone portable s’est fait une place dans nos environnements modernes, et même les plus réticents sont touchés, ne serait-ce que passivement, en raison des ondes émises et reçues par ces petits engins.

Les antennes-relais qui servent à transmettre nos importantes conversations (« t’es où, j’te vois pas? ») sont depuis quelques temps au cœur du débat, notamment en France  où s’affrontent pro- et anti-. Alors que l’OMS nous apprend que les risques pour les amplitudes faibles (moins de 100 µT) sont très faibles, ou que la littérature scientifique reste sceptique, des associations comme les Robins des Toits continuent à se battre pour la baisse des niveaux d’émissions d’ondes.

En plus, être électrosensible, c'est une vraie contrainte pour la mode...

Dans ce climat un peu délétère, une étude apporte un peu de réconfort, celle publiée dans le Journal of Alzheimer Disease par GW Arendash et collaborateurs. Cette étude s’intéresse aux effets des champs électromagnétiques sur le cerveau de rats génétiquement programmés pour développer la maladie d’Alzheimer.

Aux côtés d’un groupe témoin constitué de rats non modifiés, les rongeurs ont été soumis pendant sept mois à une exposition d’une heure par jour à des radiations semblables à celles émises par un téléphone portable. Au cours de ces sept mois, les rats ont été testés sur leurs fonctions cognitives, à travers différents tests comme celui du labyrinthe.

Les résultats montrent que l’exposition aux radiations permet non seulement d’endiguer la progression de la maladie d’Alzheimer, mais même de la guérir. Des effets bénéfiques ont également été trouvés sur le groupe de contrôle, par rapport à des animaux non exposés.

Les effets documentés des champs électromagnétiques sont multiples: non seulement ils augmentent la température du corps et du cerveau de la souris, mais aussi réduisent la déposition de ß-amyloïde dans le cerveau. Cette substance est connue pour jouer un rôle dans la maladie, même si celui-ci reste flou (on ne sait pas par exemple si il s’agit d’une cause ou d’une conséquence). Enfin, ces champs augmentent la circulation sanguine dans le cerveau et l’utilisation du glucose, sans toutefois faire grimper le stress oxydant.

Si cette étude constitue un premier pas, il faut bien entendu éviter de se réjouir trop tôt: rien ne garantit  que le cerveau humain réagisse comme celui de la souris, ou bien que l’exposition de ces souris (le corps entier est exposé) ait les mêmes effets que l’exposition partielle des téléphones portables. Une première étude cependant montre un effet positif sur les résultats de certains tests, comme le test de Stroop. Toutefois, les chercheurs concluent plus volontiers à un effet dû à un entraînement qu’à un effet physiologique.

En tous les cas, voilà ce qui pourrait constituer un bel argument de vente. Plutôt que d’offrir le dernier opus du Pr. Kawashima, offrez un téléphone portable à votre grand-mère: en plus d’entretenir son cerveau, elle pourra connaître la date de la mort de son chat en envoyant « euthanasie » au 8 13 13.